Bigre

Un article de Charlotte Desmousseaux dans le numéro 12 de Bigre, magazine féminin mixte des parents modernes :

Dans son premier roman, Élisée, avant les ruisseaux et les montagnes, Thomas Giraud, jeune auteur nantais, imagine ce qu’ont pu être certains épisodes de la vie d’Elisée Reclus. Celui-ci fut un géographe, végétarien, anarchiste, écologiste, naturiste né en 1830, qui a connu l’exil et la prison pour son engagement politique et qui est considéré aujourd’hui par la plupart des géographes comme le père de la géographie sociale. Dans ce court récit des ruisseaux et des montagnes, l’auteur s’attache plus particulièrement à évoquer l’enfance d’Élisée. L’écriture de Thomas Giraud est un paysage ombragé où l’on trouve abri et douceur sous un soleil ardent. Une grande plénitude se diffuse tout au long de ce récit où l’enfance d’Élisée semble être un prétexte à l’interrogation d’une jeunesse universelle, un miroir, une exploration littéraire de ce moment où l’enfant possède ce don intrinsèque de connexion à la nature, au vivant mais également celui des âmes fortes, des prises de décisions, des capacités aux choix. Les mots sont serrés, retenus, et le rythme de la phrase celui d’un cours d’eau calme et apaisant, celui de la nature que l’on regarde, à l’aube, naître puis s’épanouir. Il y a quelque chose d’universel et de pur dans ce livre, une belle force poétique toute en simplicité, comme un bijou délicat dont l’on souhaiterait orner de belles mains amies. Un Giono, veillant sur ce texte, semble posé sur notre épaule lors de ces quelques heures de lecture retirées au tumulte du monde… 

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