Encres Vagabondes

Un article de Dominique Baillon-Lalande, sur le site Encres vagabondes, daté du 26 janvier :

Avec cinq poèmes de longueur variable, à partir des préoccupations et du désarroi d'un trentenaire d'aujourd'hui, dans une forme libre, Antoine Mouton pointe la place normative que prend le travail dans nos vies.

Un recueil composé de :

Un poème/nouvelle  sous forme de pirouette titré « poème à laisser sur la note au moment de régler l'addition » ludique et réjouissant ;

« Le problème de la division » avec une dizaine de pages obsessionnelles et étranges où travail et cailloux s'interpénètrent ;

« Maintenant » poème très court (2 pages) qui évoque l'homme dans sa solitude en son logement ;

« Dire/Entendre/Penser »  long poème très musical (poésie sonore) qui fonctionne en boucle et pousse à être mis en bouche et lu à haute voix sur l'expression, la réflexion et la communication. « Que trouve-t-on dans un corps et une langue qu'on a trop longtemps désertés ? » (ed) ; 

« Après quoi : chômage monstre » poème titre d'une vingtaine de pages sur les petits boulots, l'aliénation, le désir de liberté et la quête d'identité qui fait écho à tous les autres et se taille la part du lion. «  De la difficulté d'habiter un corps qu'on a longtemps prêté à un emploi ». (ed).

« J'ai creusé où on m'a dit de creuser

   j'ai pris ma pelle et ma pioche j'ai mis mon casque et mes œillères j'ai vu quand même : le travail est un mensonge.

   J'ai eu un emploi on m'a donné un emploi du temps je n'avais plus de temps pour moi

   j'étais pillé, employé pour le temps que je représentais.

   J'ai donné mon temps, j'ai donné mon sang j'ai jeté mes gants j'ai mis la main à la pâte j'ai donné la patte à la main qui voulait me la prendre

   j'étais du temps on m'a découpé en tranches fines on m'a roulé dans la farine on m'a recouvert de papier je ne pouvais pas me périmer pas m'avarier j'étais salarié j'avais un sale air de pauvre. » 

   (Chômage monstre)

Un regard acéré et désespéré sur notre monde. Une musique qui sait entre leitmotiv, sincérité, humour et provocation retenir notre attention, capturer notre oreille et  nous poser question pour une lecture entêtante, comme un refrain populaire ou un parfum qu'il est presque difficile de chasser de sa mémoire. 

Il y a là à coup sûr une étrangeté littéraire qui mérite qu'on l'apprivoise et tente de percer ses secrets.

 

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