Lettres québécoises

Lettres québécoises, automne 2018 (numéro 171): « Sur les traces d’une veuve aux sabots d’or », par Valérie Lebrun

[…] Avec ce premier livre, Clara Dupuis-Morency ne rate rien. Par le ton brillant du pamphlet, l’immense justesse des images et une fluidité digne des romans les plus lucides, je ne saurais dire si l’exploit est une question de chair ou de liquide amniotique, ou encore de bave ou de venin, parce qu’il n’y a rien qui m’agace plus que ces définitions de sujet ou de genre, qui collent aux femmes – étouffant une écriture qui a soif de « se faire soi-même le passage de quelque chose de plus grand ». […] Et s’il est difficile d’écrire à partir d’un texte qu’on aurait voulu écrire, il faut avoir l’impudeur de le dire, d’avouer au sein d’un milieu d’envieux qu’il y a, autour de soi, des voix qui ont le courage « d’aller au plus difficile », de croire à l’idée que l’écriture, « c’est comme au yoga, il faut amplifier le geste ».