Librairie Coiffard

"Il y a beaucoup d’Eduardo Berti dans ce livre ; il y a beaucoup de Conrad dans ce livre. Ici Joseph redevient Józef. Il a transformé son nom ukrainien, tout comme le père de l’auteur lorsqu’il a quitté la Roumanie pour l’Argentine. Ce livre est construit selon un système de miroir. Deux pères en exil, deux hommes qui ont fui leur terre natale et changé de langue.

Le narrateur, lui-même écrivain, a émigré plusieurs fois. Il a vécu en France puis en Espagne. Comment fait-on d’une langue, sa langue ? Plusieurs fois, on fera référence à la nouvelle de Conrad, "Amy Foster", dans laquelle le mari se met à délirer dans sa langue originelle. Conrad a été un inconnu pour sa femme, mais aussi pour son fils Borys. De même, le narrateur essaie de retrouver son père à travers un roman qu’il avait entrepris d’écrire. Et voici que notre narrateur commence un livre à propos de Conrad : un lecteur décide de venir l’assassiner car l’écrivain l’aurait soi-disant humilié dans un de ses textes. Le narrateur se rendra d’ailleurs à Pent Farm, dans le Kent, lieu de résidence de Józef. La boucle est bouclée.

Une construction brillante, où chacun est l’écho ou le sujet de l’autre. Une réflexion sur la langue, la paternité et l’écriture. Un roman formidable qui entraîne le lecteur aux quatre coins du monde sans jamais le perdre."

Marie-Laure, de la librairie Coiffard