France Culture

Croissance verte, un dangereux oxymore

 

Au prétexte de combattre le réchauffement climatique, le capitalisme financier n'a de cesse de se réinventer en exploitant de manière toujours plus sophistiquée ce qu'il s'obstine à penser comme extérieur à l'espèce humaine : la nature, avec l'économiste Hélène Tordjman et l'écrivaine Lucie Taïeb.

 

Désormais passée dans le langage courant, l’expression « green washing » a attiré notre attention sur ces stratégies de communication de plus en plus nombreuses utilisées par les marques pour apparaître plus vertes que vertes. Elle pourrait toutefois nous faire passer à côté de l’essentiel car ce à quoi nous assistons dans l’économie mondiale depuis une trentaine d’année ne relève en rien d’un simple ripolinage marketing mais d’une transformation profonde, d’une extension infinie du domaine du capitalisme. C’est désormais au nom de la nature, et pour la préserver, et donc la sauver que ce système économique mutant s’en empare pour créer des marchandises fictives et l’exploiter sans doute plus cyniquement que jamais dans l’histoire de l’humanité. C’est ce qu’établit l’économiste Hélène Tordjman avec « La Croissance verte contre la nature » (La Découverte), une impressionnante enquête au sein d’univers scientifico-technocratico-financiers particulièrement opaques et soustraits au débat démocratique. Elle est rejointe en seconde partie par l’écrivaine Lucie Taiëb, qui vient de faire paraître « Freshkills » (La Contre-Allée)

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