Les libraires en parlent

← Le prénom a été modifié

Librairie La Madeleine (Lyon)

Perrine Le Querrec utilise sa poésie tranchante pour prêter sa voix à une victime de viol collecitf dont 14 des 16 agresseurs ont été acquittés lors d’un procès. Si la lecture est très loin d’être facile, Le prénom a été modifié fait partie de ces livres dont il est important de parler, qu’il faut offrir, acheter car il participe d’une mémoire collective féministe dont nous avons besoin. Lire Le prénom a été modifié est un acte militant !

Librairie Atout livre (Paris 12e)

Après le très poignant Rouge Pute, Perrine Le Querrec nous offre un nouveau recueil-choc, dans lequel la poésie tremble des violences faites aux femmes. Poignant ! et douloureux.

Librairie Esperluette (Lyon)

«Un jour j’ai perdu mon corps»

Ce texte avait été publié une première fois en 2014 aux éditions Les doigts dans la prose. L’autrice l’a écrit durant le procès affreusement nommé des «tournantes de Fontenay», («Je veux qu’ils arrêtent de dire les tournantes, le procès des tournantes, j’ai un nom, j’ai un prénom. Même eux ont un nom, un prénom. Les tournantes, comme si c’était un jeu»). L’anonymat est rappelé aussi par l’illustration de la couverture, avec des silhouettes qui se diffractent.

Procès qui s’est déroulé 15 ans après les faits, 5500 jours. C’est que ça n’en finit plus («l’interminable inachevé»).

Et Perrine Le Querrec d’ajouter, «de tous mes mots je tentais de bâtir des pages où on l’écouterait».

C’est en effet bien cela le propos du livre, la perte de la qualité de sujet de la victime, réduite au silence. Et cette tentative de trouver le langage contre ces « silences meurtriers », contre ce poids, ce corps qui échappe. «Barricades de kilos de silence de honte d’abandon. Ça pèse un massacre sur mon dos» ; «J’ai un jogging noir tous les jours le même, dedans mes 120 kilos mais 70 ne sont pas à moi. (…) J’ai toujours un homme sur moi en plus de moi depuis 15 ans».

La structure de chaque texte commence par «C’est tout noir et marche devant seule droite, avance en face debout» et se termine par «Je m’assois par terre étourdie». Il convient de les lire à chaque fois, 67 fois, ne pas les escamoter. La force de la répétition : «Je me défais et refais au fur et à mesure des histoires des procès des médicaments des kilos des espoirs».

La vie derrière ses fenêtres, la cité aussi. «J’habite la solitude la cité les confins». La peur l’écrasant, elle est recluse chez elle la plupart du temps, l’extérieur étant synonyme d’agression. «Il y a mon cercueil dans la cave, dans le local à poubelles, près des jeux pour enfants. Si je n’avais pas peur, j’irais déposer une fleur sur ma tombe». Sans perspective : «Je ne vais nulle part (…) Ni à l’école, ni en stage, ni en formation. Je trébuche. De mes 16 ans à aujourd’hui, je suis ici, dans mon naufrage».

Contrainte d’«habiter l’impact». Exercice de survie permanent : «Se maintenir en vie au niveau des nécessités et même un peu plus loin, survivre au plus juste, éviter la pensée, manger la douleur».

Le procès ne passe pas. Un an maximum et pas mal d’acquittés. «15 ans après encore un viol. On me fait tourner dans la salle d’audience sous les yeux du juge. 10 acquittés, 4 condamnés, 14 hommes sur mon corps». Ces peines dérisoires, un nouveau bannissement, «une lente exécution».

Une écriture à l’os, ou au couteau pourrait-on dire, pour faire référence à Annie Ernaux!

Réédition salutaire, écrit d’une grande force et d’une absolue nécessité. Merci Perrine Le Querrec.

«Ma douleur sait le poids exact du monde».

Maude de la librairie Passages (Lyon)

Perrine Le Querrec n’a de cesse d’user de l’art poétique pour crier la pire des violences : ce silence autour de l’indicible. La beauté réside en son courage d’offrir justesse et lumière à l’innocence toujours meurtie.

À lire et se souvenir.

Bruno Lamarque de la librairie de la Renaissance (Toulouse)

Une lecture qui secoue

Le Prénom a été modifié de Perrine Le Querrec, éditions La Contre Allée. Un recueil en forme de témoignage. Le procès des tournantes ça te parle ? L’horreur, les faits, les caves, la bande, les viols, le procès. Le silence