En librairie depuis janvier 2021

 

 

Un père étranger, Eduardo Berti

Traduit par Jean-Marie Saint-Lu

Couverture Un Père Étranger

De Buenos Aires à Madrid, en passant par Paris et le Kent, ce roman nous entraîne au cœur des questionnements sur l’identité, la transmission, l’exil et l’écriture.

Fils d’un immigré roumain installé à Buenos Aires, le narrateur, écrivain, décide de partir vivre à Paris. Dans un café, il prend l’habitude de lire les lettres que son père lui envoie et se remémore alors l’histoire de sa famille. Quand il apprend que son père est lui aussi en train d’écrire un livre, il se sent dérouté. Et voilà que vient s’intercaler une autre histoire, celle de Józef et de son épouse, Jessie, tous deux installés en Angleterre. Józef est écrivain lui aussi, d’origine polonaise, exilé en Angleterre : l’immense écrivain Joseph Conrad pourrait bien devenir le personnage du prochain roman de notre narrateur argentin.

Avec ces histoires qui s’imbriquent, Eduardo Berti tisse une toile particulièrement fine et prenante. Son sens de la formule et son humour créent une narration dynamique qui emporte le lecteur.

 

 

Pur Sang, Makenzy Orcel

Couverture Pur Sang

Pur sang se déploie, tentative d’essouffler la langue, coaguler l’insaisissable, ouvrir ses veines et respirer par ses échappements. Cœur battant d’une traite jusqu’aux confins du sang, il porte les pleurs/couleurs de l’enfance, comme celles de l’intériorité du temps. Makenzy Orcel

Un récit autobiographique et une quête poétique

Makenzy Orcel retrace en un long poème continu et narratif son itinéraire individuel, de l’enfance à la naissance de l’écrivain. Nourrie de l’histoire contemporaine d’Haïti, c’est une voix qui émerge, se cherche et trouve ses mots. Dans le prolongement des recueils précédents, Makenzy Orcel poursuit l’élaboration d’une langue poétique qui explore un rapport intime au monde.

 

 

Du bulgom et des hommes, Amandine Dhée

Couverture Du bulgom et des hommes

De courtes histoires composent ce roman de la ville si particulier, le premier texte d’Amandine Dhée, où l’on découvrait alors avec jubilation ce ton décalé et cet humour parfois corrosif qui lui sont propres.

Dans Du bulgom et des hommes, l’autrice-narratrice, dans un monologue adressé directement au lecteur ou à la lectrice, décortique avec humour des situations absurdes auxquelles sont confronté.e.s la plupart des citadin.e.s d’une grande ville. Vieilles dames armées, super-héros souterrains, conseillers municipaux inspirés… sont autant de personnages inventés pour mieux saisir l’absurdité de ce monde. À la façon d’un documentaire animalier, Amandine Dhée passe au crible les comportements humains en milieu urbain.

Au risque de se répéter, c’est jubilatoire, que l’on soit citadin ou non !

 

 

Tea RoomsLuisa Carnés

Traduit par Michelle Ortuno

LE 9 AVRIL

Couverture Tea Rooms

Dans le Madrid des années 1930, Matilde cherche un emploi. La jeune femme enchaîne les entretiens infructueux : le travail se fait rare et elles sont nombreuses, comme elle, à essayer de joindre les deux bouts. C’est dans un salon de thé-pâtisserie que Matilde trouve finalement une place. Elle y est confrontée à la hiérarchie, aux bas salaires, à la peur de perdre son poste, mais aussi aux préoccupations, discussions politiques et conversations frivoles entre vendeuses et serveurs du salon.

Quand les rues de la ville s’emplissent d’ouvriers et ouvrières en colère, que la lutte des classes commence à faire rage, Matilde et ses collègues s’interrogent : faut-il rejoindre le mouvement ? Quel serait le prix à payer ? Peut-on se le permettre ? Qu’est-ce qu’être une femme dans cet univers ?

 

 

Les QuichottesPaco Cerdà

Traduit par Marielle Leroy

Couverture Les Quichottes

Les Quichottes, c’ est le récit d’un voyage de 2 500 km à travers les 65 000 km2 du plus grand désert démographique d’Europe – après la région arctique de Scandinavie –, qui s’étend à travers les provinces de Guadalajara, Teruel, La Rioja, Burgos, Valence, Cuenca, Saragosse, Soria, Ségovie et Castellón, et où l’on recense 1355 municipalités.

Paco Cerdà, journaliste-écrivain, nous entraîne sur les routes impraticables de ce territoire froid et montagneux, au sud-est de Madrid, que l’on surnomme aussi « Laponie du Sud » ou « Laponie espagnole », parce que, comme en Laponie, moins de huit habitants au kilomètre carré y vivent. Il n’y a pas d’endroit aussi extrême et vide, dans toute l’Europe. Une région abandonnée des pouvoirs publics, où 13 % du territoire national est occupé par seulement 1% de la population. Loin de l'idéalisation d'un monde rural bucolique, Paco Cerdà relate le manque d'infrastructures, de perspectives, l'absence d'écoles, de soins, de structures culturelles ou sportives.

 

 

Et puis ça fait bête d'être triste en maillot de bainAmandine Dhée

Couverture Et puis ça fait bête d'être triste en maillot de bain

Jeune adulte devenue écrivaine, la narratrice s’interroge sur l’histoire qui l’a façonnée avec laquelle elle doit encore composer aujourd’hui. Elle se remémore les épisodes marquants de sa vie tout en questionnant ses choix les plus récents.

Et puis ça fait bête d’être triste en maillot de bain pourrait bien être le parcours d’une émancipation à travers les âges et les usages. Une confrontation aux codes déterminés, inculqués pour le bien-être de chacun à l’école, dans la famille ou encore dans le monde du travail et qui, selon Amandine Dhée, s’avèrent ressembler davantage à des promesses désespérées et mensongères plutôt qu’à un réel cheminement épanouissant. Et ça commence à la naissance, premier chapitre, où déjà le regard des autres pèse : « Elle est laide, aurait dit ma grand-mère lorsque je suis venue au monde. »

Le lecteur suit à la fois le parcours de la narratrice dans une histoire qu’elle souhaite faire sienne et sa réflexion à propos d’une écriture naissante, qui s’affirmeront simultanément. L’enfant devient l’adulte que la narratrice a choisi d’être.

Souvent brefs, les chapitres s’enchaînent avec la force évocatrice d’un Haïku. Quelques mots suffisent à Amandine Dhée pour installer le décor et la complexité des sentiments.

Une écriture miroir où, tout comme la narratrice, l’on se réfléchit, chapitre après chapitre.

On retrouve l’humour piquant qu’on connaissait de ses précédents ouvrages.

Les auteurs

Née dans une famille d’ ouvriers, Luisa Carnés commence à travailler très tôt, dès l’ âge de 11 ans. Elle compense son manque d’ instruction par une curiosité littéraire féroce et multiplie ses lectures, en particulier des auteurs russes. Son apprentissage littéraire est autodidacte et la conduit vers la littérature et le journalisme, jusqu’ à devenir, selon la critique de l’ époque, l’ une des meilleures écrivaines des années 1930. De son nouvel emploi dans un salon de thé, elle tire, en 1934, le roman qui la consacre, Tea Rooms (femmes ouvrières), un roman-reportage d’ une surprenante modernité qui s’ inscrit dans la tradition de ce genre littéraire apparu dès les années 1920. Elle deviendra journaliste à temps plein suite à sa publication.

 

Paco Cerdà

Paco Cerdà (Genovés, 1985) est journaliste pour le journal Levante-EMV, et éditeur de La Caja Books, un label indépendant d’Andana Editorial. Il est l'auteur de deux ouvrages aux éditions Pepitas, Los Últimos (traduit en Pologne, et en France donc, sous le titre Les Quichottes) en 2017, et El Peón en 2020. Paco Cerdà met un point d’honneur à rester discret sur les réseaux sociaux.

 

Eduardo Berti

Née dans une famille d’ ouvriers, Eduardo Berti est membre de l’Oulipo depuis juin 2014. Né en Argentine en 1964, écrivain de langue espagnole, il est l’auteur de quelques recueils de nouvelles, d’un livre de petites proses et de plusieurs romans. Traducteur et journaliste culturel, il est lui-même traduit en sept langues, notamment en langue française où on peut trouver presque toute son oeuvre : les micronouvelles de La vie impossible (prix Libralire 2003), les nouvelles de L’Inoubliable et les romans Le Désordre électrique, Madame Wakefield (finaliste du prix Fémina), Tous les Funes (finaliste du Prix Herralde 2004), L’Ombre du Boxeur et Le Pays imaginé (prix Emecé 2011 et prix Las Américas 2012), sans parler de deux textes difficiles à classer : Les Petits miroirs et Rétrospective de Bernabé Lofuedo

 

Makenzy Orcel

Née dans une famille d’ ouvriers, Makenzy Orcel est né en Haïti en 1983. Aux lendemains du tremblement de terre qui a secoué Port-au-Prince avec la même force destructrice que la bombe d’Hiroshima, Makenzy Orcel a écrit Les Immortelles (Zulma 2012) pour dire la folie de vivre malgré l’épouvante autant que pour livrer le plus insolent témoignage face à l’apocalypse. Ce premier roman a reçu le Prix Thyde Monnier de la Société des Gens de Lettres. Il a participé en 2011, puis en 2012, au Festival des Étonnants voyageurs, à Saint-Malo.

 

Amandine Dhée

Née dans une famille d’ ouvriers, Amandine Dhée est écrivaine et comédienne. L’émancipation, notre rapport à autrui et à notre environnement de vie sont les thèmes récurrents qui marquent son travail, distingué par le prix Hors Concours pour La femme brouillon en 2017. Son
besoin d’exploration des formes l’amène régulièrement sur scène pour partager ses sextes lors de lectures musicales ou encore pour y interpréter un rôle dans l’adaptation de ceux destinés au théâtre.

De retour sur les routes pour l'été et la rentrée...

 

Nos auteur·rice·s reprennent le chemin des librairies, salons et festival dès cet été mais également pour la rentrée ! Ainsi vous pourrez retrouver Thomas Giraud, Pablo Martín Sánchez, Noémie Grunenwald, Antoine Mouton, Lucie Taïeb, ainsi qu'Eduardo Berti lors de différents événements.


Thomas Giraud sera au festival Le livre sur les quais du 3 au 5 septembre (Morges).


Pablo Martín Sánchez sera en France le temps d'une semaine en septembre, l'occasion de le rencontrer :


à Céret le 5
à Lille le 7
à Paris le 8
à Bordeaux le 9 en compagnie d'Eduardo Berti
à Toulouse le 10.


Plus d'informations à venir.




Noémie Grunenwald sera présente le 18 septembre dans le cadre des journées du patrimoine matrimoine, en duo avec Amandine Dhée, dans le cadre d'un événement organisé à Lille, au Tipimi. Noémie sera également présente à Rennes le 26 septembre dans le cadre du festival Dangereuses Lectrices. Enfin, elle sera présente pour plusieurs rencontres parisiennes :


  • au festival VO-VF le 3 octobre (Gif-sur-Yvette)
  • les 7 et 8 octobre, respectivement à la librairie Violette & Co (Paris 11e) et à la librairie Les mots à la bouche (Paris 11e
  • le 8 octobre, à la librairie Libertalia (Montreuil)


Antoine Mouton exposera du 21 juin au 18 juillet au Nouveau Gare au théâtre de Vitry-sur-Seine.


Lucie Taïeb sera présente du 11 au 14 novembre pour le salon du livre de Chaumont, du 1er au 3 octobre pour le Festival international de géographie de Saint-Dié-des-Vosges ainsi qu'à la bibliothèque Inguimbertine de Carpentras le 19 novembre.



Cet été, Eduardo Berti sera au festival Pirouésie (Pirou)  du 1er au 6 août après avoir participé aux récréations des Milles univers du 12 au 16 juillet à Bourges. Ensuite, Eduardo Berti dégustera un café du 6 au 10 octobre dans le cadre des cafés littéraires de Montélimar avant de se rendre aux Rencontres à Lire de Dax du 15 au 17 octobre.

Dans l'actualité

TEA ROOMS A BONNE PRESSE

« Carnés clame le rôle fondamental de la culture pour libérer les esprits féminins des réves sucrés et convenus que l'on s'acharne à leur servir. Et appelle de ses voeux le jour où nous, les pauvres, on cessera d'avoir faim et les pieds trempés en hiver », quand la rue devant le salon bruisse d'appels à la grève, sur fond d'inexorable montée des fascismes en Europe. Daté, vraiment ? » - Le matricule des anges, Juillet 2021

 

« Il y a dans ces pages le déclassement des unes, la survie des autres et les rêves brisées de toutes. A travers les yeux de ces gens qui doivent travailler pour survivre, de ces invisibles d’une autre époque, l’auteur déploie une analyse à la fois sociologique, comportementaliste, anthropologique et politique. » - L'Hebdoscope, mai 2021


EDUARDO BERTI NOUS PARLE D'UN PÈRE ÉTRANGER,

MAIS AUSSI DE LA QUESTION DE LA LANGUE,

POUR LA REVUE L'AUTRE AMÉRIQUE

 

 

 

 

LES QUICHOTTES FONT ÉGALEMENT PARLER D'EUX

 

Le titre de Paco Cerdà, traduit par Marielle Leroy, est dans la sélection de livres remarquables de la revue L'Écologiste mais aussi dans les seize pépites de l'été selon Libération (voir image ci-contre) ! De son côté, Politis en parle comme d'un livre « Entre enquête et reportage, un livre à l’écriture élégante sur lequel flottent les ombres d’un Thoreau ou d’un García Márquez. » 


Enfin, ci-dessous, retrouvez ce qu'en dit Charlie Hebdo :

Dans une sorte de road-movie, Cerdà nous emmène là où plus personne ne va. Là où, comme à Guadalajara ou Teruel, la République s'est battue jadis contre Franco. Ici, José Luis, qui quitte tout après des années de chômage, et devient gardien d'un village fantôme pour 400 euros par mois. Là, le magnifique Marcos - 72 ans -, qui a quitté la ville pour un village qui n'a jamais connu l'électricité, remuant ciel et terre pour faire revenir au moins un service public essentiel. Les personneges sont beaux et suffiraient à recommander le livre. Mais au-delà, il plonge dans des abîmes de réflexion. Jusqu'où se féliciter du recul de l'homme et du retour de la nature ? Faut-il vraiment aider ces quelques valeureux qui s'acharnent contre l'évidence d'un désert qui avance ? On ne peut manquer davantage de penser à cette France qui disparaît, elle aussi.

 

 

 Avec À MAINS NUES, Amandine Dhée fait partie des femmes qui écrivent le monde d'après la librairie Mille Pages