Les libraires en parlent

← Lettres à Clipperton, une aventure épistolaire

Benoît de la Librairie La Géothèque (Nantes)

« Lettres à Clipperton » de Irma Pelatan, Éditions La Contre Allée

Dans ce récit épistolaire qui commence par « cher ami », Irma Pelatan nous embarque dans un bout du monde enchanteur.

Emilie de la Librairie Les Lisières (Croix)

Mais qui est Clipperton ? Qui ? Disons plutôt quoi ! Car Clipperton est une île déserte, située dans le Pacifique. Irma Pelatan se lance le défi d’écrire chaque jours à l’île, devenue « Cher ami », jusqu’à épuisement de ses enveloppes et de son crayon… Étonnantes, intimes, historiques, les lettres à Clipperton ici compilées vous réservent un moment de lecture très original !

Librairie Le Biglemoi (Lille)

Une lettre quotidienne à un hypothétique ami sur une île déserte, tel est le projet d’Irma Pelatan.

Dans ce voyage, on découvre un petit bout de France, on s’interroge. Un bon moment !

Antonin de la Librairie Pied-de-Biche Marque-Page

D’Irma Pelatan, nous sommes déjà à PBMP de grands défenseurs du premier roman : L’odeur de chlore. Nous aimions sa manière fine et forte à la fois de mélanger l’intime et l’histoire, la subtile dramaturgie emmenant le lecteur, sans avoir l’air d’y toucher, vers un climax déroutant.


Toutes ces qualités, on les retrouve dans son second ouvrage, Lettres à Clipperton. Un roman épistolaire très original basé sur une série de contraintes très oulipiennes, dont la principale fut celle de s’adresser à « tout résidant » d’une île (Clipperton, donc) qui ne possède pas d’habitants. Ou plutôt si, elle « possède » beaucoup de monde, cette île, ou plutôt elle les obsède. À commencer par l’autrice elle-même, qui au fil des pages embarque avec elle le lecteur dans une sorte d’obsession dont les motifs sont au début assez nébuleux, comme découpé dans une brume épaisse, qu’Irma Pelatan s’attache à dissiper missive après missive, avec un sens du suspense non négligeable.


En réalité, on oublie vite les contraintes que s’est imposées l’autrice (même si elles valent leur pesant de sable clippertonien – nous n’en dirons pas plus, car c’est une gourmandise de les découvrir dans la postface du livre), pour se laisser prendre dans ce récit à la fois intime et universel de la découverte d’un territoire inhabité et relevant presque du rêve, du fantasme.


Un livre que l’on dévore en quelques jours à peine et qui, comme son précédent ouvrage, délivre bien des surprises.


Ajoutons que le livre est agrémenté d’une série de photos par les artistes Hesse et Rommier, pour lesquelles certains amateurs dont nous faisons partie auraient aimé un plus bel écrin. Oui, le livre aurait peut-être été plus cher avec une impression de meilleure qualité, mais ces photos (et ces artistes) le méritaient sans aucun doute (de même qu’une possible mention en couverture).

Sabine Faulmever

Bonsoir Irma,

Toute la journée, je me suis perdue dans vos mots, ressentant la douce mélancolie aventureuse de Clipperton, d’un voyage d’écriture, d’un défi des mots. J’ai pourchassé le mal de mer, le spleen des grands récits récifs, des ouragans crabes. J’ai cherché sur les mappemondes ce point, minuscule ilot de sable blanc, l’atoll des mystères.

Irma… vous m’avez eu.

Ce n’est pas bien !

Ce n’est pas bien de m’avoir menti sur cette langueur océanique, pacifique, sur ce charme fou de la poésie qui ne se dit. Ce n’est pas bien de m’avoir donné cette envie d’écrire, de vous écrire, de vous dire merci. Merci pour ce voyage aux confins des mots, aux mystères d’écrire c’est quoi, d’écrire c’est qui, d’écrire c’est où.

Je vous en dirai plus d’ici quelques jours. 

Je vous en fais la promesse.

La promesse de vous écrire.

Quelques mots.

Une bafouille.

A bientôt.

Je pense à vous.

Sabine 

(Lettre envoyée ce soir à Irma Pelatan – Merci Sentier de Traverse d’oser les Éditions La Contre Allée, de sortir des grands courants)

Librairie L’Attrape Cœur (Paris 18)

Connaissez-vous l’île de la Passion-Clipperton ? Atoll fermé – un parmi les seulement dix existant sur Terre – situé dans le Pacifique Nord à plus de 1000 kilomètres de la côte mexicaine la plus proche, cette île déserte française fascine par les mystères qui l’habitent et la désolation qui semble en émaner.

Dans un exercice digne des expériences oulipiennes, Irma Pelatan a décidé d’envoyer une lettre par jour à un destinataire inconnu, imaginé, espéré sur l’île de Clipperton. Car oui, bien que désert, l’atoll possède un code postal (98799) ! Du 16 mai au 26 septembre 2017, l’autrice écrit donc des lettres plus ou moins courtes qu’elle glisse dans des enveloppes « par avion » au liseré bleu-blanc-rouge achetées sur Leboncoin. Elle y parle de son quotidien parfois, mais surtout de l’île, de ce qu’elle imagine, de ce qu’elle y projette, et de son histoire qu’elle découvre par bribes.

Elle apprend notamment l’existence d’une colonie mexicaine laissée sans ravitaillement pendant plusieurs années autour de la décennie 1910, alors qu’une révolution faisait rage sur le continent. Dans la folie de la solitude insulaire, un homme s’autoproclama Roi de Clipperton et fit vivre un enfer aux femmes présentes sur l’île.

Elle découvre également la vie non humaine qui se développe autour du lagon d’eau douce (le seul au monde !), sur les quelques 1,7 km² de terre émergée : les fous masqués qui cohabitent avec les milliers de crabes terrestres, qui ont eux-mêmes été décimés par l’arrivée des rats, introduits sur l’île lors d’un naufrage dans les années 2000.

Fascinant, n’est-ce pas ?

Cette aventure épistolaire est une véritable rêverie littéraire qui invite au voyage, à l’évasion, à la découverte, à la curiosité. C’est un livre qui vous habitera et qui vous poussera à ouvrir votre moteur de recherche pour y glaner toutes les images que vous pourrez trouver de l’île, afin d’imaginer le correspondant de l’autrice flânant au milieu des crabes et des cocotiers…

Librairie Carline (Forcalquier)

« 12/6/17, Condrieu.

Cher ami,

Aujourd’hui des enfants et des plongeons, tout à leur joie de l’eau. Apprendre son souffle, mettre la tête sous l’eau, en oubliant de fermer la bouche. Ce si spécial rire de l’eau, l’éclaboussement.

Je pense à vous, je vous envoie le souvenir de ces petits corps frétillants qui dansotent dans l’eau. C’est aussi la communauté des humais, une sorte de patrie.

Je vous serre dans mes bras.

Irma »

(Merveille, merveille merveille !!) d’Irma Pelatan, Lettres à Clipperton, publié à La Contre Allée

Librairie Les Vinzelles (Volvic)

« Lorsqu’on s’adresse à une île déserte, au fond, les potentialités dans la destination sont extrêmes. Mais n’intellectualisons pas trop, voulez-vous ? Laissons-nous plutôt aller au bonheur de la rencontre fortuite, à l’improbable destination de la bouteille à la mer.J’ai tant de choses à vous dire.Cela fait plusieurs mois déjà que je pense à vous écrire, que je cherche sans cesse votre nom, que j’épuise les bibliographies pour tenter de vous approcher, de vous saisir.L’existence si particulière de l’île ne quitte plus mes pensées. »

« Cher ami » est le destinataire de ces lettres, donc de ce coup de coeur de lecture.

Après « L’odeur de chlore », où elle contait et voyait son corps se faire femme, et un ordre du monde où il fallait s’efforcer, construire, Irma Pelatan revient avec un livre étonnant, à l’imaginaire épistolaire et insulaire qui nous emporte dans un beau voyage oulipien, via des enveloppes « par avion » qu’elle a en sa possession, vers une île déserte.

Située à 13 000 kilomètres de Paris, à 6 000 de Tahiti et à près d’un millier de kilomètres de Mexico, l’île de La Passion-Clipperton voit flotter le drapeau tricolore en haut d’un mât installé sur l’îlot. Ce territoire de seulement 1,7 km2, en forme de beignet avec en son centre un lagon d’eau douce croupissante, est un atoll inhabité mais qui bénéficie tout de même d’un code postal.

Irma Pelatan s’inspire du « PPP » : Projet Poétique Planétaire de Jacques Jouet, un envoi quotidien d’un poème à un parfait inconnu. Elle décide d’adresser ses courriers à « Tout résident, 98799 La Passion-Clipperton ». Bel exercice de style, qui crée un monde pour s’évader du réel, en quelques lettres timbrées, comme ce très étonnant projet, fou et documenté.

Chaque lettre est adressée à ce « Cher ami » inconnu mais porteur d’envies de mots, et chaque lettre surprend et étonne. Ce n’est pas un journal intime, mais pourtant. Il libère. Il révèle une histoire, intime et frontale comme tout message dans une bouteille jetée chaque jour à la mer, et il révèle aussi, sans détournement, l’histoire de Clipperton.

Voyager intimement par les mots, quel délice, quelle évasion, quelle belle tangente, quelles belles lettres grâce aux Editions La Contre Allée. On lit, on savoure, on se délecte de chaque lettre, on se déleste aussi de tout ce qui pèse, on s’envole car cette aventure épistolaire est si belle, si créative et révélatrice, aussi, que ça donne envie de continuer pour devenir soi-même une île de liberté.

Voulez-vous venir lire pour ensuite écrire avec moi à ce livre ?

« Cher ami, …