Les libraires en parlent

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Librairie La Madeleine (Lyon)

Dans la lignée de Le prénom a été modifié, Perrine Le Querrec donne une voix à celles qui n’en ont pas. Ici, on plonge dans une maison de correction pour jeunes filles. Entre privations et châtiments corporels, elles tentent de survivre et de garder espoir. Un espoir qu’elles vont matérialiser un soir dans une sorte de « soulèvement-joie ». Un texte servi par la puissance de l’écriture de Perrine Le Querrec qui résonnera longtemps dans nos cœurs et nos poings féministes !

Prysc, Librairie De fil en page (Château-Arnoux)

« (…) Il n’y a de liberté possible que || dans le refus radical || la décision de chacune || d’entrer en lutte »

Lire « Mutines » de Perrine Le Querrec le 8 mars toute l’année.

1934, École de préservation de Clermont. Pendant quelques heures, des jeunes filles emmurées parce que jeunes et filles et pauvres se rebellent. Les tabliers à carreaux de ces « mauvaises filles », toutes innocentes, volent au rythme de leurs chants et de leurs danses…


Il n’y a pas de sans voix, il n’y a que celles qui sont étouffées. Après « Rouge Pute » et « Le prénom a été modifié », Perrine Le Querrec continue d’écouter les silences qui hurlent et cognent et tapent tapent tapent, et de rendre l’arraché aux écorchées. « Mutines » est une frappe poétique contre la violence d’une société pleine d’aplomb derrière sa morale, son droit et sa justice qui enferment et broient la jeunesse dans son refus idéologique et pathologique d’en accepter la liberté.

Librairie Terre des livres (Lyon)

Découvrez la révolte de jeunes femmes enfermées en colonie pénitentiaire à Clermont en 1934, sous la plume poéticopolitique ciselée, puissante et singulière de l’autrice de Rouge Pute (notamment) qui continue à faire de ses enquête obsessionnelles une expérience littéraire de désinvisibilisation des oppressées, des marginales, des femmes puissantes malgré tout.

Librairie L’arbre à lettres (Paris)

Perrine Le Querrec c’est cette voix poétique qui étreint les combats et nous percute le cœur !

Claire, Librairie l’Autre Monde (Avallon)

Perrine Le Querrec donne voix de manière saisissante aux jeunes filles enfermées dans une maison de préservation en 1934. À partir de ce fait historique, la poésie de l’autrice retranscrit parfaitement la rage des Mutines comme les horreurs qu’elles subissent.

Hélène, La Chouette Librairie (Lille)

Encore un texte d’une puissance rare. 
Quelques heures de liberté pour des années d’annihilation.
La poésie de Perrine Le Querrec comme réponse à la violence.

Marie, Librairie Nouvelle (Orléans)

Dans ce récit poétique, l’autrice donne une voix aux filles qui ont été enfermées dans des écoles de préservation : ces filles dont les corps et les esprits ont été violentés. Ce récit témoigne de leur résilience, de leur révolte et de leur volonté de se ré approprier leur vie, leurs joies. L’écriture saisissante est sublimée par la mise en page singulière.

Librairie l’Apothicaire (La Souterraine)

Ce texte comme un uppercut !

Mutines parce qu’étouffées, Mutines parce qu’effacées, Mutines elles s’insurgent. Mutines, ces innocentes injustement coupables, sur le toit respirent la liberté. Et par l’intensité et la densité des mots, du rythme, nous vivons l’injustice, le sévice. Nous vivons l’espoir, nous saisissons cette liberté. Merci Perrine, c’est grandiose !

Marie, Librairie Nouvelle (Asnières-sur-Seine)

L’autrice donne une voix aux filles qui ont été enfermées dans des écoles de préservation : ces filles dont les corps et les esprits ont été violentés. Ce roman témoigne de leur résilience, de leur révolte et de leur volonté de se ré-approprier leur vie. L’écriture et la mise en page sont sublimes. À lire absolument !

Librairie Esperluette (Lyon)

« Dérangeantes || nous dérangeons || balafre dans le tissu du monde

Dissonantes || nous dissonons || mauvaise note dans le chant patriotique

Troublantes || nous troublons || flou dans l’ordre social »

Perrine Le Querrec revient avec ce nouveau livre sur une mutinerie intervenue en novembre 1934 à Clermont dans une école de préservation (la novlangue avait déjà cours – comprendre redressement), véritable maison d’enfermement et d’écrasement « de chaque côté de l’enfance », lieu de punition et de dressage pour « mauvaises filles », « lieu des laissées ». «Toutes considérées comme coupables || même les innocentes || toutes considérées comme incorrigibles ». Les filles se retrouvent là parfois pour un pain volé, parfois pour vagabondage (délit réprimé) ou parfois en raison du droit de correction paternelle qui « permet au père qui s’s’estimerait outragé d’obtenir du juge l’enfermement de ses enfants, sans devoir en justifier les motifs ».

Matées à coup de sifflets, d’humiliations et de nerfs de bœuf, « matons mater les mutines ».

Mutines raconte comment la rébellion s’est lentement organisée jusqu’à ce que Geneviève, Berthe, Jeanne, Marthe, Jacquotte, Marie-Ange, Gisèle, Monelle, Renée, Colette et toutes les autres (elles étaient deux cents) grimpent, revanchardes, sur le toit de l’école. « Debout plein ciel », une mutinerie « panoramique ».

Histoire méconnue s’il en est qui vient nous saisir, nous rappeler aussi l’épisode de mutinerie, décrit par Sorj Chalandon dans L’enragé. Celui-ci prenait place, quelques mois plus tôt, en août 1934 dans la colonie pénitentiaire de Belle-Île-en-Mer. Mais en cas d’évasion, la récompense n’est pas la même, 20 francs pour les jeunes hommes de Belle-Île, 15 francs pour les jeunes femmes de Clermont.

On retrouve dans Mutines les ingrédients qui sont la marque de fabrique de l’oeuvre de Perrine Le Querrec, un travail autour des archives, et le recours à une écriture organique, d’arrache-pied, qui martèle, d’une grande force poétique. Elle a recours pour toute la seconde partie du texte « Berthe » à l’insert de double barre rapprochée || qui vient emmurer le texte, le tasser, parquer les mots comme « les filles perdues », et rappeler aussi l’étroitesse des cellules et des couloirs, les mots hiéroglyphes écrits tout contre les parois dressées, «||la tête claquée contre les murs||». Une manière de réhabiliter ces mutines, en leur prêtant une langue.

«||filles à mater||violentes et immorales||indisciplinées||simulatrices||filles danger||incorrigibles||d’évidentes émeutières||véritable menace morale||vicieuses en devenir|| ».

L’autrice rend compte de tout ce qui se trame dans cette école, où les « silences se superposent », « le murmure peut être un silence », et où le « temps perpétuel » s’organise entre repas, prière, école, cellule, activités à la buanderie et à la lingerie « les filles-frotte » et les filles-fil », entrecoupées d’attente. L’entreprise de désingularisation des occupantes, troupeau de tabliers à carreaux bleus et de sabots. Mais c’est ignorer ce qu’il advient lorsqu’il n’est plus possible de se tenir à carreaux bleus et de piétiner en sabot, « Vous vouliez nous supprimer le langage. Nous le réinventons dans nos sabots qui claquent ». C’est au cœur de ce sordide que nait un soulèvent-joie trois heures durant. C’est si peu, mais c’est tellement.

Encore un livre puissante et nécessaire sur une histoire somme toute récente. Merci Perrine Le Querrec !

«Les filles seraient donc préservées ? Qui préserve quoi ? Est-ce vous qui êtes préservés de nous par cet enfermement. Vous, dehors. Sommes-nous le danger ? Sommes-nous en danger»

Librairie des Pertuis (Saint-Pierre-d’Oléron)

Ce livre est une claque salutaire, il permet d’éviter l’oubli d’une société qui enfermait des jeunes filles, des enfants dans des bagnes, brimées par une société patriarcale, enfermées sous couvert de lois liberticides que l’on pouvait penser enterrées, mais qui trouvent encore écho dans une partie de la population.
Un texte porte-voix des chants de ces mutines qui résonnent longtemps dans les coeurs.