Ouest France, Nicolas Goinard
« Cela ressemblait à une musique » : à Laval, des transats pour vivre autrement le Festival du premier roman.
Les organisateurs de l’événement qui se tient au Quarante à Laval (Mayenne) jusqu’à dimanche 29 mars 2026 proposent pour la première fois des séances de lecture et transats. Les auteurs viennent lire leurs œuvres. Les visiteurs viennent écouter… dans des transats, donc.
Ne manque que la mer, le sable chaud sous les pieds, le ciel bleu, le cri des mouettes. Dans la salle chorale du Quarante, ce samedi 28 mars 2026, il n’y a que les transats qui donnent un air de plage au lieu. Et à la différence d’un bord de mer, ici, l’acoustique y est parfaite. Tout ce qu’il faut pour une séance de lecture. Pour la première fois cette année, les organisateurs du Festival du premier roman et des littératures contemporaines – du 26 au 29 mars 2026 au Quarante à Laval (Mayenne) – proposent des séances lecture et transats.
L’écrivain vient lire un passage de son œuvre pendant 15 minutes. Les visiteurs se posent dans les transats. Quelle posture adopter ? Certains lèvent les yeux, scrutent le plafond, d’autres les ferment. C’est le cas de Marie-Paule Laprevote. J’ai choisi de fermer les yeux parce que je voulais être transportée. Le fait d’être avec l’autrice et d’avoir ses mots pour décrire les situations, c’était très intéressant. J’ai vécu la scène, très concrète
.»
. Elle ajoute : « Je pensais me détendre, le début du texte était très violent»
«Je sentais moins les regards sur moi »
Au micro, le matin, Julia Sintzen qui a écrit Sporen (éditions Corti). L’histoire de Rinske qui refuse de retourner vivre avec son mari, Wim, dans les Pays-Bas de l’après-guerre. J’ai choisi de lire les trois premiers fragments du livre pour donner aux gens l’envie de connaître un peu la suite
, explique l’autrice. Elle reprend sur ce concept des transats : [Les visiteurs] avaient l’air très bien installés. Je fais des lectures, mais devant des transats, c’était une grande première. Je sentais moins les regards sur moi
.
Pour Catherine Baldous, la position est assez intéressante, on ne focalise pas sur celle qui lit, le regard s’échappe vers le haut. On est plus concentrés. Lire chez soi dans un fauteuil, ce n’est pas la même chose qu’une expérience comme celle-ci ».
L’après-midi, l’autrice Perrine Le Querrec, est elle aussi venue lire un extrait de son roman Mutines. Un texte à la fois poétique et documentaire, qui donne voix à de jeunes filles enfermées dans une maison pénitentiaire.
« Incroyable, intense »
Au fil de la lecture, les corps s’abandonnent. Les têtes se penchent, les respirations deviennent plus profondes, tandis qu’un silence rempli la pièce. La voix de l’autrice enveloppe le public, comme une musique douce. À l’issue de la séance, les corps s’étirent lentement, comme au réveil d’un songe.
« C’était incroyable, c’était intense. On entrait tout de suite dans un univers à la fois sombre et lumineux. Cela ressemblait à une musique. Les mots sont puissants et la lecture était parfaite
, soufflent Éléonore, Émilie et Lou, 25 ans.
Avec ce format inédit, le festival propose une autre manière de vivre la littérature : plus intime, plus sensorielle, où l’écoute devient une véritable expérience.

