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La littérature se met à l’écologie : notre sélection de la rentrée
L’autobiographie d’un hêtre, un hommage poétique à une biologiste emblématique, un oiseau qui change la vie des humains qui l’observent… Découvrez notre sélection de romans écologistes parus ces derniers mois.
D’année en année, le roman reflète davantage la conscience écologique nouvelle. Il y a encore quinze ans, la frontière restait nette entre le nature writing (écriture de la nature) et la fiction romanesque, le plus souvent sociologie des milieux humains en vase clos. Les sept romans sélectionnés ici démontrent que les choses ont évolué.
Vous en découvrirez qui usent de la science-fiction pour questionner l’envahissement du monde par la technique ; d’autres qui recourent à une langue poétique pour rendre sensible la douleur d’un monde qui s’appauvrit, perd sa diversité enchanteresse, voire traduisent le bonheur de vivre en conscience parmi la communauté des vivants. C’est un hêtre auquel on prête sa voix, un oiseau dont la protection va bouleverser des vies, des cultures rurales qui refont surface pour manifester leur épicurisme transgressif.
Si lire, c’est voyager dans d’autres mondes que les siens, aux côtés d’autres êtres, alors le voyage ne fait que commencer pour comprendre notre monde en transformation. Ne nous en privons pas, ce voyage-là ne produit pas de gaz à effet de serre. Au contraire, il rassemble.
Oiseaux de papier
« Par millions vous êtes tombés je ne m’en remets pas
Un monde sans oiseaux est un monde mort
Se peut-il que nous vivions sans vos chants
Vous êtes la beauté de ce monde
Nous ne sommes pas à votre hauteur »
Dans Odessa des oiseaux, Sophie G. Lucas raconte la vie de Jo. Après son enfance en famille dans une cité ouvrière de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), la jeune femme part à New York, puis en Louisiane et à Odessa (Ukraine), dont elle épouse le nom. Peu à peu, les drames familiaux — maladie et décès de sa mère, mort de son frère adoré, Sasha — font écho à l’inexorable dévastation du monde : « Les feux. Les inondations. Les suffocations. / Les immersions. Les exodes. Les famines. »
Comment continuer à vivre, comment réparer ? Odessa se met à fabriquer des oiseaux en papier et à les déposer partout. « Rendant visibles les oiseaux. / Comblant leur absence. […] / Manifestant la présence des oiseaux au monde. /Odessa devenant Odessa des oiseaux. » Un livre magnifique qui navigue entre poésie et roman, superbement illustré d’arbres par Géraldine L. Guillot, la sœur de l’autrice. É. M.


