Les libraires en parlent

← Passer l’été

Jean, Librairie Les Sauvages (Marseille)

Sandie, Le Tracteur savant (Saint-Antonin-Noble-Val)

Nous avons reçu PASSER L’ÉTÉ et quelle justesse ! Ça m’a beaucoup plu, merci pour cette découverte. C’est un livre qui décrit de façon si précise ce que nous vivons… Cela vaut toute la théorie du monde ! J’ai hâte de le partager

Marianne, La géolibri (Bordeaux)

J’ai bien reçu Passer l’été que j’ai lu avec beaucoup de plaisir. J’ai trouvé le livre très beau, vraiment, il laisse une impression physique forte. C’est à la fois terrifiant et plein d’espoir, notamment les dernières pages du recueil qui m’ont particulièrement touchées. 

Anne, Librairie Boucan (Pont-Aven)

​​Trois livres pour deux jours dans la maison de l’enfance, paradis au milieu d’une campagne devenue moche et dont les arbres protecteurs se sont brisés il y a quelques mois : morts brutales dont nous ne nous remettons pas.

Résonance inversée mais totale avec Passer l’été de @irene.gayraud, cri de poésie, terrible mais indispensable. Merci encore @la_contre_allee.

Librairie La Marge (Haguenau)

« Passer l’été » nous enfièvre en peu de mots vers un été caniculaire où tout semble immobile.
On économise son souffle comme on sauve chaque goutte d’eau, chaque vers se faisant l’écho d’une réalité douloureuse qu’il fait bon de regarder en face, contrairement au soleil brûlant.

Librairie Esperluette (Lyon)

Passer l’été

d’Irène Gayraud

Editions La Contre Allée

poésie documentaire

«De tout être que l’on voit

arbre

ruisseau

roitelet

on se demande s’il passera l’été»

La littérature contemporaine commence à prendre à bras le corps la question du dérèglement climatique et c’est tant mieux. On pense par exemple à Indice des feux d’Antoine Desjardins aux éditions de la Peuplade. La poésie ne saurait être en reste et Irène Gayraud apporte sa contribution pour rendre compte de cette somme de fragilisations, de dévastations que chaleur et sécheresse occasionnent. Un été durant, dans «un silence de sécheresse», avec des incendies alentour, elle consigne, dans toute leur concrétude, ce qui change, que ce soit le paysage, les lieux, les modes de vie mais aussi la langue. «Se forme peu à peu une triste langue, celle de la pénurie et de la soif».

Comprendre à partir d’une pluralité de voix «témoignantes» la mise à sec de notre écosystème, à partir des «circonstances les plus claires et les plus banales» pour reprendre les mots de Jaccottet cités en épigraphe. La somme des atteintes observées est recensée : «la respiration «courte», l’air «brûle», «poudroyé», «englué», la forêt «carbonisée, l’herbe «laminée», les fougères «roussies», la ville «étuvée», les chevreuils «assoiffés», les mures «rabougries de chaud cramées», les cerises «à demi cuites» les terres «craquelées», «calcinées», le ruisseau asséché. L’épouvante de l’inventaire : des images de désolation, des observations de désespoir. «Prêter attention à ce qui disparaît» mais aussi cartographier ce qu’il reste malgré tout du vivant («choses présentes ténues»), et dire et redire ce qu’il ne reste plus : le temps. Et ces «nouveaux étonnements» qui affleurent, «les coussinets brûlés» du chien du voisin, «les bébés qu’on endort avec des blocs de glace».

Une poésie qui ne se contente pas de «parler du temps qu’il fait», de «regarder le monde inaccessible par la fenêtre», ou encore de documenter un certain désordre des choses, mais qui dénonce les postures de déni («Avec un peu d’entrainement on parvient très bien à ne plus rien écouter») et énonce aussi des responsabilités : «ce n’est plus la mort naturelle de tout, ce sont des meurtres perpétrés par une seule espèce sur toutes les autres».

Une poétique de l’incandescence.

«On cuit très lentement à l’étouffée».