Les libraires en parlent

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Claire, de la librairie Le Marque-Page (Quintin)

Métaphore dominicale ? 
Quitter Willibald et rencontrer Gabriele. Et renouer (avec délice) avec le verbe d’ Amandine Dhée. 
Je me souviens du plaisir de lecture d’À mains nues, de ce sourire qui ne m’a pas quittée alors même que l’autrice me renvoyait les colères et les constatations amères de nos conditions féminines. Ce n’est pas drôle d’être femme. Mais ce n’est pas triste non plus (enfin pas toujours). 
Et puis appuyer là où ça pique, n’est-ce pas la meilleure façon de faire la lumière sur ce qui est tabou ?
Sortir au jour parle de la mort. Et de pandémie (et de maternité, et de filiation, et de féminité) 
Mais c’est Amandine Dhée qui l’écrit. Alors c’est aussi de vie qu’il est question. D’humanité. Des petits arrangements entre ce qu’on voudrait donner comme image…et ce qu’on pense, au fond. Et ça, l’autrice le restitue avec brio ! Et humour. 
Ce dialogue avec Gabriele, thanatopractrice, n’est jamais larmoyant. C’est une sorte d’hommage, mais sans les lourdeurs de la mise en scène : pas d’estrade, pas de « silence s’il vous plaît ». Pas de « vous m’entendez bien ? »…
C’est juste, drôle aussi. 
Pas quand il s’agit des soins au défunts. Là, c’est délicat, sincère.  
Non ce qui est drôle, c’est le recul, la dérision, la façon dont Amandine Dhée détricote l’intime pour en faire l’écharpe réconfortante de ce qui nous définit : imparfaits. Et tant mieux !