Les libraires en parlent

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Librairie des Pertuis à Saint-Pierre d’Oléron

Merci aux éditions de la Contre Allée d’avoir édité Tea Rooms, roman engagé qui nous dépeint avec force et sobriété le climat social de l’Espagne des années 30, l’écart qui se creuse entre le monde des ouvriers et celui des plus favorisés qui ne comprennent pas que la colère gronde, faisant apparaitre au coin des rues le désordre avant le chaos. Et les femmes qui commencent à vouloir prendre part à la lutte. Des décennies après, ce roman résonne fort.

Aurélie (avis sur Les Libraires.fr)

Révolution et tarte aux fraises

Un roman écrit en 1934 qui n’a rien perdu de sa vivacité, de sa force, ni de son actualité.
Madrid dans les années 30, la crise de 29 est passée par là, le travail manque et les gens ont faim. Matilde, une jeune femme, passe ses journées à chercher un travail, essuyant refus sur refus. Jusqu’à ce salon de thé-pâtisserie où elle trouve finalement un poste. De son comptoir elle observe ses collègues, les clients, la gérante des lieux et le patron qui ne vient que pour donner leur maigre salaire pour ce dur labeur. Lorsque, dans les rues, la révolte gronde pour réclamer des salaires plus décents et des horaires de travail moins lourds (on parle de semaines à 70-80h !), la question se pose, dans le salon, de rejoindre ou non, le mouvement.
Une époque bien particulière, un contexte bien précis, mais des échos avec notre monde actuel.
Mais c’est aussi une chronique un peu plus légère, les amourettes des employées, leurs rêves, leur quotidien, les coups bas, les amitiés.
Un roman qui oscille aussi entre légèreté et sérieux. Doux-amer.
A découvrir !

Didier J. (avis sur Les Libraires.fr)

Ecoutons plus que jamais la voix de Luisa Carnés, elle porte loin.

Ecrit entre 1932 et 1933 et publié en 1934, Tea rooms nous parle de la vie des femmes dans le Madrid des années 1930. Luisa Carnés décrit au plus près la vie des petites gens, cela fourmille de détails et d’anecdotes glanés dans le quotidien d’un travail abrutissant.
L’on se plaint des conditions de travail d’aujourd’hui, lire ou relire celles d’hier fait froid dans le dos.
Ce roman/témoignage est essentiel pour comprendre : » Qu’est-ce qu’être une femme dans cet univers? »

Sophie G. (avis sur Les libraires.fr)

Une belle découverte !

Quelle découverte que que ce roman de 1934, qui dévoile la vie d’un salon de thé à Madrid, entre ragots de quartier et revendications ouvrières, entre exploitation et solidarité, entre résignation et lutte !
Un grand roman social et engagé proche du reportage, porté par une écriture concise et avant-gardiste !

Alain L. (site Les Libraires.fr)

Un STYLE à découvrir !

L’autrice Luisa Carnés (1905-1964) est demeurée trop longtemps méconnue en France, « invisible » -comme le dit son éditeur- en Espagne. Au-delà de ses engagements politiques, apprécions son écriture tout en force et finesse !

Librairie Le Carnet à Spirales (Charlieu)

Ecrit en 1934, ce texte, surprenant d’actualité et de modernité, tant dans la forme que dans le fond, raconte l’histoire de Matilde, jeune madrilène embauchée dans un salon de thé dirigé par un patron tyrannique et irascible. Dans le contexte économique instable des années 30, la jeune femme prend conscience, en regardant évoluer ses collègues autour d’elle, tous venus de milieux défavorisés, de l’oppression exercée sur le monde ouvrier dans la société espagnole, en particulier sur les femmes, encore moins considérées que leurs homologues masculins. Dans cette période chaotique de l’après crise de 1929 et de l’avant guerre civile de 1936, où déjà se dessinent les prémices de la seconde guerre mondiale, la conscience politique et sociale de Matilde s’éveille peu à peu, même si l’envie de révolte se heurte à la peur du chômage et de la misère.
Luisa Carnès, journaliste et femme de lettres, livre un grand texte, social et politique, à la fois roman et aussi précieux document historique. Un récit poignant qui nous va droit au cœur.

Librairie L’Ecritoire (Semur-en-Auxois)

Chez Luisa Carnes, on retrouve à la fois la radicalité droite et désespérée d’Hélène Bessette et l’empathie des enquêtes littéraires de Florence Aubenas et de Joseph Ponthus. En son théâtre des opérations, une boutique aussi désuète qu’une bonbonnière et aussi sanglante qu’une arène, se cristallise la laborieuse émancipation d’un attachant chœur de femmes rudes et vulnérables, qui nous rappelle le courage et le dénuement qui furent au cœur des luttes sociales du XXème siècle.

La Nouvelle librairie sétoise (Sète)

Entre ragots de quartier et revendications ouvrières, entre exploitation et solidarité, entre résignation et lutte…. Luisa Carnés brise le plafond de verre : quelle découverte que cette écriture engagée, implacable et avant-gardiste !

Librairie Lune et l’autre (Saint-Etienne)

Si pour Balzac le cabaret est le parlement du peuple, avec Luisa Carnés le salon de thé devient le théâtre de la lutte des classes. Un grand roman social et féministe, robuste !

Librairie La Droguerie de Marine (Saint-Malo)

La microsociété qui gravite dans ce salon de thé reflète autant les résistances que les compromissions. C’est aussi le regard lucide que porte une femme sur un monde où la religion et le patriarcat décident de tout. Voilà un grand livre de la très moderne Luisa Carnés.

Hélène, La Chouette librairie (Lille)

Coup de cœur de la chouette

A la lecture de ce roman, on se demande d’emblée pourquoi il n’avait jamais été traduit tant son contenu est important. Il a fallu attendre 2021 pour découvrir en français cette pépite espagnole des années 30, qui aborde la question de l’émancipation des femmes et de la précarité des classes populaires.

On y suit Matilde, une jeune femme qui déniche un poste dans un salon de thé, aux côtés d’autres femmes qui toutes essaient de trouver un équilibre entre leur besoin d’argent, les besoins de leurs familles ou de leurs maris, et leur propre indépendance. Les grèves ouvrières qui passent devant les vitrines les attirent autant qu’elles les effraient, puisque la menace du renvoi plane en permanence. Et que faire à part subir, quand on peut vous « remplacer » en un claquement de doigt ?

Librairie La Mémoire du monde (Avignon)

Une dernière idée à partager,

Trois écrits d’hier qui résonnent encore aujourd’hui. 📚Textes oubliés et fort heureusement réédités en cette année 2021 :

Vierges folles de Adrienne Monnier 1932

Édité par les éditions Sillage.

Tea Rooms de Luisa Carnes 1934

Édité par les éditions de La Contre-allée

Renata n’importe quoi 1967

Édités par les éditions du Chemin de fer.

Des femmes qui écrivent sur des femmes éprises de liberté et pleine de volonté de vie !

Tea Rooms, un roman qui nous plonge dans l’Espagne de ces années là à Madrid. Une écriture sur le vif, on croit y être, dans ce quotidien des employées d’un salon de thé. Un témoignage de la condition du prolétariat féminin où la révolte gronde…

Librairie La Madeleine (Lyon)

Après des recherches infructueuses, Mathilde trouve enfin un emploi dans un salon de thé du cœur de Madrid. Nous sommes dans les années 30 et la crise est omniprésente. Dans ce petit microcosme ouvrier, Mathilde va découvrir le monde du travail, la hiérarchie, l’injustice des salaires, la pression pour garder un emploi, autant de notions qui vont amener les ouvrières et les ouvriers à se révolter dans une lutte des classes. Mais quel en sera le prix ? Luisa Carnès a été une grande journaliste et une voix de la littérature ouvrière de l’entre-deux guerres.

Bibliothèque pour tous (Bondues)

Ariane, de Tulitu (Bruxelles)

Une autrice espagnole gommée par le franquisme. Quelle belle redécouverte ! Un roman féministe et engagé comme on les aime! Editions La Contre Allée merci pour ce bijou!

L’atelier (Paris 20ème)

« Avant, seules deux voies s’ouvraient aux femmes : celle du mariage ou celle de la prostition. »

Dans le Madrid des années 30, trouver un travail quand on est une modeste jeune fille est une gageure. Mathilde réussit pourtant à se faire embaucher dans un salon de thé. Une place jugée confortable, malgré le dur labeur et un misérable salaire. A travers son histoire, sa vie au quotidien, Luisa Carnés témoigne de sa condition d’employée, à l’heure où des revendications syndicales se font entendre dans la rue.

La Nuit des temps (Rennes)

Je vous écris brièvement pour vous remercier pour le SP de Tea Rooms. Je suis toujours ravi de découvrir des textes de femmes et des points de vue féministes sur différents épisodes historiques. J’ai été agréablement surpris par l’angle d’attaque et le fait d’aborder la guerre d’Espagne à travers le quotidien apparemment tranquille d’un salon de thé. J’avais adoré Une femme à la tête d’une colonne au combat de Mika Etchebéhère. Ici, on est loin du front, mais on reste au cœur des questionnements révolutionnaires ! Et puis la couverture est magnifique !

« Au cœur d’un salon de thé, les trajectoires se croisent. Les femmes peinent à trouver du travail et les effluves de la révolution sont bien présentes. Un point de vue féministe sur la guerre d’espagne ! ».

Terre des livres (Lyon)

« Mais il y a aussi des femmes qui prennent leur indépendance, qui vivent de leurs efforts, sans avoir besoin de « supporter des types ». Mais ça, c’est dans d’autres pays, où la culture a fait un pas de géant ; où la femme a cessé d’être un objet de plaisir et d’exploitation ; où les universités ouvrent leurs portes aux ouvrières et aux paysannes les plus modestes. Ici, les seules femmes qui pourraient s’émanciper grâce à la culture ce sont les filles des grands propriétaires, des banquiers, des commerçants prospères ; et ce sont précisément les seules femmes qui se moquent complètement de leur émancipation, parce qu’elles n’ont jamais porté de souliers usés, n’ont jamais connu la faim, qui engendre des rebelles. »

Ecrit en 1933, le récit de Luisa Carnes, née dans une famille d’ouvriers, raconte l’oppression puis l’éveil d’une conscience politique, de vendeuses d’un salon de thé-patisserie madrilène dans l’entre-deux-guerres, qui cherchent à joindre les deux bouts. Et à ne plus constituer un simple appendice du corps patronal. Comment se positionner en tant que femme dans cette lutte des classes qui gronde dans les rues ?

Dans ce huis-clos organique et impressionniste, l’autrice décortique avec subtilité les mécanismes de domination et fait montre d’une surprenante modernité. Tea rooms est un splendide roman prolétaire et féministe qui charme par le tourbillon de vie qui crépite de cet espace en apparence feutré.

Clémence, de La fleur qui pousse à l’intérieur (Dijon)

À la librairie, Clémence a beaucoup aimé Tea Rooms de Luisa Carnès, une autrice oubliée (et c’est bien dommage !).

Dans le Madrid des années 30, Matilde trouve enfin un emploi dans un salon de thé-patisserie. Elle y est confrontée aux bas salaires, à la hiérarchie et à la précarité. Alors que les rues commencent à se remplir d’ouvriers en colère, les conversations entre serveuses se font de moins en moins frivoles et de plus en plus politiques… Ce roman a été publié en 1934 et pourtant ses thématiques sociales importantes résonnent encore aujourd’hui ! On adore cette héroïne qui s’indigne contre l’ordre social établi et qui se demande comment se positionner en tant que femme dans cette lutte des classes qui gronde… bref un coup de cœur !

Dans le Madrid des années 30, Matilde trouve enfin un emploi dans un salon de thé-pâtisserie. Elle y est confrontée au bas salaire, à la hiérarchie et à la précarité. Bientôt, les conversations entre serveuses se font de moins en moins frivoles et de plus en plus politiques… Mais quel est le rôle des femmes dans cette lutte des classes qui gronde ? Et surtout peuvent-elles se permettre de rejoindre le mouvement ?

Librairie Publico (Paris 11ème)

Dans le Madrid des années 1930, Matilde cherche un emploi. La jeune femme enchaîne les entretiens infructueux : le travail se fait rare et elles sont nombreuses, comme elle, à essayer de joindre les deux bouts.
C’est dans un salon de thé-pâtisserie que Matilde trouve finalement une place. Elle y est confrontée à la hiérarchie, aux bas salaires, à la peur de perdre son poste, mais aussi aux préoccupations, discussions politiques et conversations frivoles entre vendeuses et serveurs du salon.
Quand les rues de la ville s’emplissent d’ouvriers et ouvrières en colère, que la lutte des classes commence à faire rage, Matilde et ses collègues s’interrogent : faut-il rejoindre le mouvement ? Quel serait le prix à payer ? Peut-on se le permettre ? Qu’est-ce qu’être une femme dans cet univers ?

Marianne, Les Lisières (Croix/Villeneuve-d’Ascq)

Viva la revolucion !

Le parcours, l’engagement et le cheminement des réflexions d’une jeune femme dans le Madrid des années 1930, entre frivolité et questionnements politiques et féministes. Un texte fort, qui gagne en puissance au fil des pages et qui se termine en nous mettant la rage au ventre et au cœur, comme une furieuse envie de s’investir pour faire bouger les choses ! « Tea rooms », initialement paru en 1934 en Espagne, jamais traduit en français, n’a rien perdu de sa fougue, et résonne toujours autant dans notre société contemporaine…!

Place Ronde (Lille)

Pour arriver à joindre les deux bouts, Matilde trouve un emploi dans un salon de thé/pâtisserie madrilène. Les relations humaines entre employé.e.s et petits chefs, les conditions de travail et les bas salaires, la peur de perdre son emploi, les clients, les cancans, la politique, la condition des femmes. Les consciences politiques s’aiguisent, faut-il rejoindre le mouvement de grogne ? Beaucoup de sujets encore et toujours d’actualité qui me touchent.

Un roman ou une très longue investigation journalistique ? Le travail de Luisa Carnés est remarquable.

Vous ne serez pas surpris.es que je vous dise : j’adore

Librairie Quilombo (Paris 11ème)

A nouveau une belle lecture que l’on doit aux Editions La Contre Allée; et qu’on a diablement hâte de partager !

Née dans une famille d’ ouvriers, Luisa Carnés commence à travailler très tôt, dès l’ âge de 11 ans. De son nouvel emploi dans un salon de thé, elle tire, en 1934, le roman qui la consacre, Tea Rooms (femmes ouvrières), un roman-reportage d’une surprenante modernité qui s’inscrit dans la tradition de ce genre littéraire apparu dès les années 1920. Saluons également l’excellent travail de la traductrice Michelle Ortuno ! Bonne lecture !

Les mots à la bouche (Paris 11ème)

Dans l’Espagne des années 1930 , Luisa Carnés nous dépeint les affres et joies des employés d’un salon de thé. Entre féminisme, condition sociales et ouvrières… d’une plume acérée et juste ! 

La Limou’Zine (Magnat-l’Étrange)

Littérature proletarienne, Tea Rooms est un magnifique roman espagnol d’une écrivaine oubliée de la génération de 27, Luisa Carnés.

Cariño (Paris 10ème)

Ce récit poignant écrit dans les années 1930 décrit le quotidien de la vie d’un groupe de femmes qui travaillent dans une pâtisserie du Madrid du début du 20e siècle : tâches quotidiennes, organisation et solidarité et pensées de ces travailleuses qui se battent pour obtenir le simple pain qui nourrira leur famille.

Un texte d’ambiance tout en sensibilité et en même temps un témoignage féministe, prolétaire, et à sa façon très politique.

Fnac (Quimper)

Quel texte, quelle écriture!

TEA ROOMS est un roman social sur la difficulté de trouver et surtout garder un travail à Madrid dans les années 30. Avec évidement une hiérarchie qui en profite à coup de salaires de misère et de conditions de travail épuisantes.

Ce roman, basé sur l’histoire personnelle de Luisa Carnés décrit d’une manière réaliste la vérité sociale des ouvrières de l’époque et à travers Matilde cherchera à éveiller les consciences……

Un livre et une tasse de thé (Paris 10ème)

« Le récit poignant de Luisa Carnés nous transporte dans le monde des travailleuses espagnoles précaires de l’entre-deux-guerres. Un roman qui donne à penser sur les soumissions liées au travail et aux hiérarchies sociales. Un témoignage passionnant ! »

Page & Plume (Limoges)

Un roman écrit en 1934 qui n’a rien perdu de sa vivacité, de sa force, ni de son actualité. Car si l’on parle de Madrid dans les années 30, une époque bien particulière, un contexte bien précis, cette crise n’a malheureusement pas cessée, et l’on peut encore trouver des échos avec notre monde actuel, la difficulté à trouver un travail, à le garder, quand les patrons savent que plusieurs personnes attendent à la porte, des employés corvéables, remplaçables, des hiérarchie qui manquent d’humanité, de l’injustice, des inégalités, des petits arrangements. Certes, il y a eu de nombreuses évolutions (dans ce roman les employés font des semaines de 70-80 heures, payées une misère), au prix de nombreuses batailles, mais au nom de certaines « crises », il en est quelques uns qui sont près à rogner sur ces acquis pour toujours plus de profit. Un roman qui oscille aussi parfois entre légèreté et sérieux. Doux-amer. A découvrir!

Le livre écarlate (Paris 14ème)

Un roman puissant et émouvant qui nous parle de lutte des classes et de condition féminine dans l’Espagne des années trente, servi par une écriture sans fioritures, d’une incroyable justesse. Matilde ou l’éveil d’une conscience politique…

Luisa Carnés, injustement oubliée, n’a rien à envier à Gorki !

Librairie Du Parc/Actes Sud (Paris 19ème)

Incroyable découverte que cette autrice espagnole, née au début du siècle dans une famille d’ouvriers, devenue femme de lettres et journaliste engagée au parti communiste contre Franco. Un texte à lire absolument pour sa modernité, sa beauté et sa grande liberté.

Les villes invisibles (Clisson)

Tea Rooms nous livre un aperçu du Madrid des années 30, avec les grèves qui grondent, les patrons à l’affût de la moindre indiscipline, mais surtout nous sommes aux côtés des travailleuses et travailleurs qui n’ont d’autres choix que subir, subir les caprices de la clientèle, la petitesse des responsables, les conditions de travail misérables. Matilde voudrait réagir, agir, mais elle est, comme ses collègues, tiraillée entre la conscience et la solidarité de classe et la nécessité de ramener un salaire à la maison… Nous aurions dû connaître l’œuvre de Luisa Carnés beaucoup plus tôt !

Zenobi (Malakoff)

Je sors de la lecture de Tea Rooms (Editions La Contre Allée) bouleversée par cette plongée aux côtés de femmes vendeuses et serveuses dans un salon de thé, dans Madrid des années 30. L’écriture de Luisa Carnés est impressionniste, elle procède par touches délicates et esquisse finement les images qui donnent vie à ses personnages. L’impression d’avoir vu un film se dérouler sous mes yeux. Une écriture très moderne d’une journaliste et romancière de la Génération de 27 (Federico Garcia Lorca, Rafael Alberti…) qui émerge de l’oubli, accompagnée de la belle traduction de Michelle Ortuno. Les femmes à qui L. Carnés donne vie sont confrontées aux bas salaires, à une hiérarchie méprisante, à des conditions de vie où partriarcat, religion et misère impriment leurs dures empreintes sur les corps et les esprits. Et pourtant la révolte gronde et les discussions politiques côtoient des propos frivoles, dessinant de manière émouvante le quotidien des personnages.

Le monte en l’air (Paris 20ème)

Écrit par une femme espagnole issue du milieu ouvrier dans les années 30, Tea rooms de Luisa Carnés, traduit par Michelle Ortuno à paraître le 9 avril aux Editions La Contre Allée nous confronte à la situation des jeunes femmes madrilènes pauvres de cette époque : recherche d’un travail à n’importe quel prix pour survivre, hiérarchie abusive, bas salaires, peur de se faire licencier mais aussi prise de conscience politique. On est vraiment avec elles dans la moiteur des après-midi de ce salon de thé-patisserie de centre ville, sous l’oeil de la cheffe intraitable, avec le patron qui distribue le salaire chaque semaine, dans les vestiaires pour les cancans. La grande force de ce texte, c’est qu’on est immergé dans l’époque, dans le huis-clos de ce petit théâtre de la domination sociale, avec en bruit de fond les rues qui commencent à trembler. Matilde et ses collègues se questionnent : faut-il rejoindre le mouvement ? Quel serait le prix à payer ?