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Formations lir&crire par Sasha Morillon

Aujourd’hui, nous embarquons vers Transatlantique. Ecrit par Camille Corcéjoli et publié en 2025 chez les Editions de la Contre-Allée, le livre retrace l’aventure d’Alex, un homme transgenre, qui part aux Etats-Unis avec ses ami.es, pour se défaire de ses seins à la clinique de West Lake Hills.

A bord de ce récit, le lecteur traverse les paysages américains mais aussi et surtout les doutes et les désirs d’une personne en pleine découverte d’elle-même. 

Nous suivrons le voyage d’Alex pour comprendre comment chaque lecteur peut attacher sa ceinture pour ce vol hors du commun.

Première escale : le corps

La première escale du voyage, c’est un corps en train de changer. Alex habite son corps avec tendresse et maladresse. Il photographie ses seins comme on photographie un paysage qu’on quitte. Cet adieu est un rite joyeux et triste à la fois.

« Sous l’arc de triomphe, ils pointent fièrement à côté de Louise qui fait semblant d’être choquée. Et de quatre ! Dans les petites rues pavées de Brooklyn Heights, au pied du Brooklyn Bridge, sur le Brooklyn Bridge, devant une pub de parfum pour homme. Cinq. Six. Sept. Huit » (p. 37)

Une fois opéré, il appelle son torse Gurdur, comme s’il ne se l’appropriait pas, que son torse n’était pas le sien mais à un « nageur suédois ». Il humanise ce qui lui semble étranger.

« Je referme ma chemise pour cacher Gurdur. C’est trop vertigineux de regarder ce nouveau corps. Il est beau, mais ce n’est pas encore moi. » (p. 155)

Deuxième escale : l’amitié

Le lecteur peut s’attendre à un récit grave mais Transatlantique déborde de tendresse et d’humour. Les liens ne sont pas honteux mais intimes avec les câlins, les corps en caleçons et les confidences entre amis.

Le livre ressemble à un journal intime où Alex fait part de ses doutes. Il y raconte son voyage, ses rendez-vous médicaux et ses pensées. Le récit est parsemé de messages de groupe envoyés aux proches d’Alex depuis les Etats-Unis, faisant du lecteur un ami d’Alex.

Ce même lecteur qui disait « je ne connais aucune personne transgenre, je ne comprends pas » connait désormais Alex. Ce dernier n’est pas une figure abstraite, stéréotypée mais une personne réelle et émouvante.

Troisième escale : les escales politiques 

Notre avion survole la grossophobie, quand Alex se rappelle de Sonia, une amie du collège, qui se battait contre les réflexions grossophobes que les adultes lui adressaient. Le lecteur croise le Ku Klux Klan mais aussi le mouvement Black Lives Matter. Alex et ses amis vivent un évènement violent : « Un facho a foncé avec une voiture dans la foule des contre-manifestant.es. » Ils voient concrètement la violence du racisme.

Les mots « gouines » et « pédés » sont repris et réappropriés. Les insultes deviennent des fiertés. Le langage devient un terrain politique.

Le roman montre comment une transition personnelle devient collective car elle résonne avec d’autres combats.

Quatrième escale : les formes du récit 

Le récit se divise en plusieurs chapitres :

–  Les chapitres avec un titre en gras montrent un retour dans le passé d’Alex. Les paroles en gras sont des paroles discriminatoires et stéréotypés de la transidentité.

– Les chapitres sans titre montrent le moment présent avec le voyage au Etats-Unis.

Parmi ces chapitres en prose se glissent des poèmes, qui correspondent à des émotions trop fortes pour rester dans la linéarité du récit, comme la prise de conscience trans ou le rapport au corps.

Cinquième escale : les doutes

Le parcours d’Alex n’est pas une trajectoire linéaire. Il se demande : « Et si je ne veux pas prendre d’hormones ni faire d’opération, suis-je un faux trans ? » (p. 79)

Alex refuse l’idée des cases. Il préfère « emprunter une porte vers d’autres imaginaires », où « trans » n’est pas une essence mais une possibilité, où l’on peut se réinventer.

Le moment où Alex et ses amis s’habillent avec les tenues de Toni, la tante de Djo, montre que l’identité n’est pas stable. Alex devient Benny. 

« Personne ne se déguise, tout le monde s’habille. » dit-il (p. 90)

Lors de son voyage aux Etats-Unis, Alex découvre les bars et les plages queer. Avec ses rencontres, Alex découvre la diversité des trajectoires trans, ce qui amplifie ses doutes. À Austin, il rencontre Brad, un trans opéré par le Dr Lawrence. En conversant avec lui, et avec d’autres personnes, dans le passé, aussi bien que dans le présent, Alex a peur d’être un imposteur.

« En l’écoutant, je me dis, comme souvent quand je discute avec d’autres personnes en transition, que je ne suis moi-même pas vraiment trans. La peur d’être un faussaire plane au-dessus de nos expériences et de nos rapports à nos corps si différents » (p. 111)

Ces doutes soulignent que la transition n’est pas une destination mais un voyage constant.

Sixième escale : les seins

Les seins occupent une place centrale dans la vie d’Alex. Brad lui assure qu’il sera libéré, une fois que la torsoplastie sera passée. Plus jeune, il tapait ses seins pour les faire disparaître, se sentant différent des autres. Mais, lorsque son copain lui demande : « Est-ce que je peux toucher tes seins ? », Alex réalise que la présence des seins dans sa sexualité n’est pas obligatoire. Cette idée l’effraie car cela ne le fait entrer dans aucune catégorie de la société traditionnelle. Comme il le dit : « Il me fallait mes seins et mon vagin dans ma sexualité, sinon, ni hétéro, ni lesbienne, qui étais-je ? » (p. 32)

Puis, un événement le trouble : il est excité par ses seins au moment où il commence la testostérone. Il préfère expliquer cette excitation par une blague plutôt que de réfléchir à la signification. Il invente la « location de seins », qu’il va présenter à son copain.

– Et sur le retour, figure-toi que je suis tombé sur un super magasin. Un magasin qui propose des seins de location. 
–   Des seins de location ?
–   Une super promo oui… Bref ! Je me suis dit, on ne peut pas passer à côté d’une occasion pareille. »

Grâce à cette blague, il s’autorise une excitation qu’il pense incompatible avec sa transidentité. Pourtant, une inquiétude persiste. Si Alex aime ses seins, est-il vraiment trans ? Mérite-t-il la torsoplastie ?

Alex emploie une expression : « le chant du cygne de mes seins » (p. 117). Il considère que l’excitation liée à ses seins est un adieu, non pas violent ou haineux, mais doux et poétique. Comme les cygnes chantent avant de mourir, les seins pointent avant d’être retirés. Alex ne déteste pas son corps, il a une relation plus complexe vis-à-vis de sa poitrine.

Septième escale : l’escale familiale 

La transition d’Alex est touchée par les traumas familiaux.

Sa mère a été victime de viol, laissant une empreinte invisible mais puissante sur Alex. Il dit « quelque part je savais, je crois ». Alex ne lui révèle pas qu’il a longtemps cru lui-même avoir été violé enfant, que ses souvenirs avaient disparus, que cette impression a façonné toute son adolescence. Ce traumatisme familial a été intériorisé par Alex. 

« La sexualité était le viol. Que je me préparais à m’y soumettre sans envie. Que mon corps était loin. Que mes désirs étaient absents. » (p. 102)

Le grand-père d’Alex, sexiste et autoritaire, incarne un autre traumatisme. Son rapport violent à la virilité, est un contre-modèle. Alex s’oppose à lui en utilisant l’argent de son héritage pour financer sa torsoplastie aux Etats-Unis.

« Je sens chez toi la violence. Je sens chez toi la violence sexuelle. Je ne sais pas comment, mais je sens qu’elle a impacté ma vie, celle de ma cousine, celle de ma mère, celle de ma grand-mère. Je ne viendrai pas à ton enterrement, tu sais. Et si j’y venais, ça ne serait pas pour toi. Ça serait pour elles. » dit Alex. (p. 165-166)

La transition d’Alex est un acte de reprise de possession de son corps et de son désir. Elle dépasse les simples catégories comme le « changement de camp ». Elle touche à ce qui n’a pas été nommé mais transmis par la famille.

C’est la première fois qu’Alex tutoie le lecteur, comme si ses mots étaient adressés à son grand-père, figure de la société patriarcale qui impose les normes. La transition d’Alex devient un acte politique. C’est une façon de rompre avec la masculinité imposée mais aussi d’en inventer une autre, plus libre.

Huitième escale : le sens du titre

Selon le dictionnaire de l’Académie Française : 

Transatlantique (adj.) : Qui traverse l’océan Atlantique.

En choisissant ce mot comme titre, Corcéjoli joue sur une homonymie puisque le mot « transatlantique » devient double. D’un côté, il représente la traversée géographique d’Alex, entre l’Europe et l’Amérique. D’un autre côté, il représente un voyage identitaire. Le mot « trans » est l’abréviation de « transgenre ». A la fin du roman, le lecteur ferme le livre avec le sentiment d’avoir voyagé, certes aux Etats-Unis, mais surtout avec Alex, dans sa recherche d’identité.

Arrivée : la réception chez les lecteurs 

Ce roman n’est pas qu’un livre sur la transition, c’est une réflexion sur la transformation et la liberté. Chaque lecteur, qu’il partage ou non cette expérience, embarque avec Alex.

Pour les lecteurs trans, le récit montre l’expérience trans avec authenticité. Les moments de doute et de joie sont représentés. Ce récit ne réduit pas la transidentité à un simple parcours médical.

Mais, ce récit n’est pas réservé qu’aux personnes trans. Pour les lecteurs cisgenres, le début de la lecture peut être déconcertante. Ils sont plongés dans un vocabulaire inconnu avec « testo », « binder » et dans de nouvelles expériences comme les bars queer et la sexualité trans. Grâce à la forme du récit, le lecteur ressent la subjectivité d’Alex. Le lecteur cisgenre finit par découvrir l’expérience d’Alex, pas pour la comparer à la sienne, mais pour découvrir la diversité humaine.

Nous ressortons changés du roman, comme après un long vol. Même quand nous fermons le livre, Alex continue de voyager avec nous. Ce récit transforme une expérience personnelle en une expérience collective, où chacun.e fait évoluer son regard sur le monde.

Transatlantique dans Ouest France

Camille Corcéjoli viendra parler de son premier roman, Transatlantique, paru aux éditions la Contre Allée, mardi 28 octobre, à la librairie-salon de thé L’Embellie.

L’auteur, né en 1987 et résidant à Lille, est aussi enseignant et chercheur en sciences sociales. Dans sa pratique artistique, il écrit et interprète sur scène des récits questionnant l’intime pour parler de féminisme, de genre et de sexualité.

À travers son roman qui retrace l’itinéraire d’Alex, parti avec ses amis aux USA où il souhaite se faire retirer les seins, Camille Corcéjoli parle de la transidentité et nous conduit à nous interroger sur notre rapport au genre et à l’identité, en littérature comme dans la vie.

La rencontre débutera par une lecture mise en musique par l’auteur et se poursuivra par un échange avec lui autour de son roman.

Mardi 28 octobre, à 19 h 30, à la librairie-salon de thé L’Embellie, 13, rue Jean-Duplessis. Gratuit. Réservation conseillée à contact@embellie.org ou au 02 40 82 48 04.

Vous pouvez accéder à l’article directement ici !

RTBF, interview avec Camille Corcéjoli, réalisée par Charlotte Dekoker

RTBF, interview avec Camille Corcéjoli, réalisée par Charlotte Dekoker

Charlotte Dekoker accueille Camille Corcéjoli, auteur de Transatlantique pour une entrevue d’une quinzaine de minutes. L’occasion de découvrir davantage l’auteur et son œuvre !

À écouter, sans modération, en suivant ce lien :

https://auvio.rtbf.be/media/week-end-premiere-l-invite-3374864?fbclid=IwY2xjawMiMkhleHRuA2FlbQIxMABicmlkETFXTXRkUXRWelY5cVF5WVAwAR59tKuPh26VLcVxCzm0zrlNF-kzWefWInPcFGZ0OByqWRU74TZtnIXoxZvb4Q_aem_n5q757TUH2sC1v16dB7pBw

Encres Vagabondes par Brigitte Aubonnet

Alex part aux États-Unis avec Djo, Louise et Harli ses ami·es. Nous comprenons très vite que ce voyage vers New-York n’est pas un voyage touristique. En effet, le groupe part ensemble pour soutenir Alex qui a décidé de changer de genre. Il doit subir une opération pour enlever ses seins après avoir commencé un traitement hormonal.

La docteure Girard est endocrinologue : elle a le pouvoir de me prescrire de la testo. Pour la voir, il a fallu que j’obtienne une attestation d’un psychiatre comme quoi j’étais bien malade mentalement du « syndrome transidentitaire ». Mais ce que je n’avais pas anticipé pour cette dernière étape d’accès à la testo, c’est qu’elle aussi voudrait jouer au psy. Elle attend. Tout mon corps refuse l’exercice, mais je me lance quand même. 

Nous accompagnons ainsi Alex dans ses doutes, dans les moments compliqués de la transition, dans les espoirs, les joies, les soulagements mais aussi les souffrances physiques et psychologiques face au comportement de son entourage familial et médical. Peu à peu, la barbe pousse, la pilosité augmente alors qu’il a toujours une poitrine. L’entretien avec une conseillère de la MGEN est épique. 


– Ah mais j’ai rendez-vous avec une dame. 
La conseillère MGEN se tient dans l’encadrement de la porte de son bureau. J’aurais dû anticiper, réfléchir à ce que j’aillais dire. Ça m’a effleuré hier avant de m’endormir, mais j’ai chassé l’idée. Sinon, je pourrais passer ma vie à prévoir comment les gens vont réagir à ma transition, quoi faire, quoi dire.
– Oui, c’est bien moi, Alex Orlan.
Son regard fait un aller-retour entre ma barbe et le papier qu’elle tient dans sa main.
– Non, je suis désolée, j’ai rendez-vous avec une dame.
– Je suis trans, j’ajoute.
– Je reviens dans un instant.  

Alex parle honnêtement de son ressenti et de la difficulté pour celles et ceux qui la croisent de se situer et aussi de le situer. 
C’est un roman-récit passionnant qui permet d’être au cœur de cet évènement essentiel dans la vie d’une personne.

Qu’est-ce que l’identité ? est une question qui émaille le récit. Rien n’est simple et le roman permet de s’interroger sur de nombreuses idées qui parcourent nos sociétés. En effet, l’extrême droite et une partie de l’opinion véhiculent des a priori très négatifs sur les personnes transgenres.  

La forme du texte est multiple, roman, récit, poésie, messages internet, passages en américain. L’écriture inclusive traduit aussi ce désir de liberté. C’est un roman qui parle honnêtement, de façon très directe et très humaine d’un parcours complexe mais essentiel pour se sentir pleinement exister.


Pour accéder à l’article en entier, suivez ce lien :

https://encres-vagabondes.com/magazine11/corcejoli.htm

La Livrophage

LE MOMENT ZÉRO

Au début

Je tapais dessus

Je venais d’entrer en CM2

Et pour stopper le destin

Je tapais sur mes seins

C’est ma mère qui me l’a rappelé

Moi j’avais oublié

Trouver un début

Un développement

Une cohérence

Et des indices de l’enfance, je n’ai jamais eu envie

Jamais eu envie

De mettre en ordre

Ma narration

Trans

C’est mon choix d’adulte.

Cette introduction est plus longue, je ne vous en livre que le début et les deux dernières lignes:

Pourtant, à vous je peux le dire

J’ai les seins qui doutent. 

Je sais bien avant même d’écrire les premiers mots que quelques personnes feront la grimace, ce n’est pas grave et surtout c’est dommage tant ce petit livre est tendre, drôle, rempli d’amour et d’amitié. Tant de crispations sur ce sujet, c’est dommage.

Alex nous raconte qui il est et ce qui lui manque physiquement ou plutôt là, au demeurant, ce qu’il a en trop: deux seins. 

Accompagné de ses ami·es, il va faire cette traversée transatlantique pour faire sa transition partielle, puisqu’il va se faire enlever les seins et n’aura plus que deux tétons. Et pour ça, c’est l’Amérique. Alex sera ainsi conforme à qui il se sent profondément. Ce court roman est un grand plaisir de lecture, une ode à l’amour, à la tolérance, à la liberté, à l’amitié aussi. Car c’est bordé d’amour que Camille s’envole vers la chirurgienne qui va modifier son buste et c’est avec ce gang aimant qu’il va revenir ensuite, toujours escorté de cette amitié tolérante et ouverte. Dire que c’est facile? Ah non !

Pour lire la suite de l’article :

Sophie Quetteville

Waouh, quel souffle, quelle énergie contenus dans ces pages.

Ma dose d’encre par Christelle

https://madosedencre.over-blog.com/2025/08/transatlantique.html?fbclid=PAQ0xDSwMZPMFleHRuA2FlbQIxMQABp__mV9HNTo2opiDG1t-osrKNCH-s7abmd3wQqEBW61mkPopY2yv2amnisH61_aem_P0OEASCxWl66EZiALqDfUQ

“ – Go. ! 
Comme une mécanique bien huilée, Louise et Hardi se placent sur la rambarde pour faire paravent visuel de leurs corps. Djo vérifie d’un coup d’œil rapide que les touristes ne nous regardent pas et immortalise mes seins sur fond de Manhattan dans la lumière rosée du soleil couchant. C’est sûr, celle-là sera sur la couverture de l’album de voyage. Un unique et dernier album que j’offre à mes seins avant de leur dire bye bye. ” 


« Enlevez-moi ces seins que je ne peux plus voir» , pourrait-il dire…

À notre époque certaines optent pour des prothèses mammaires xxl, et d’autres font le choix de dire Adieu à leurs seins. Bien évidemment, ce n’est point le même “ Genre ” de personne. 

Alex, en pleine transition, accompagnée de ses ami-es de toujours, quitte la France le temps d’un road trip à travers les États-Unis pour dire Adieu à ses seins, cette opération du torse sera réalisée dans ce pays, financé par un héritage inattendu d’un grand-père sexiste. 

“ Ma transition est moins une éclosion du passé qu’une projection vers le futur. Je squatte un mot accueillant qui me relie à des réalités multiples. Je ne suis pas trans par nature. J’ai juste emprunté une porte de sortie vers d’autres imaginaires. Une porte de sortie qui, chez d’autres, a pris le nom de pédé, folle butch, gouine, queer. La mienne s’appelle trans, en attendant. ” 

À travers ce récit intimiste, on prend part à ce voyage vers la nouvelle vie d’Alex, un road trip entre ami.es qui prend des chemins de traverse quand la poésie s’immisce au passage et dédramatise avec humour l’ultime adieu. 

“ La peur d’être un faussaire plane au-dessus de nos expériences et de nos rapports à nos corps si différents. Pourtant, je sais au fond que c’est plutôt sain que nos histoires ne se fondent pas. Ce qui nous relie, c’est une sortie de piste du genre, un doigt d’honneur à la ligne toute tracée. Après, chacun.e son chemin. ” 

Un beau témoignage, pour laisser une trace, mais aussi pour qu’un regard plus bienveillant se pose sur ces personnes qui ont fait le choix d’aller au bout de leurs rêves. 

Transatlantique, un premier roman d’une grande sensibilité à découvrir dès maintenant.

La Hulotte par Julie Raulet

C’est parti pour un roadtrip hors du commun dans l’Amérique queer ! Quatre amis décident de surmonter leur peur de l’avion pour soutenir l’un d’entre eux dans sa transition. De l’autre côté de l’Atlantique, Alex va dire au revoir à ses seins. Avec douceur, et joie, anxiété parfois, cette très belle aventure est avant tout un processus, une transition en mouvement, auréolée de toute l’amitié et l’adelphité d’une famille choisie. Sans voyeurisme, avec humour, tact, simplicité, Camille Corcéjoli nous offre un roman joyeux, libre, sans tabou, qui fait un bien fou !

https://www.lahulottelectrice.fr/post/transatlantique-camille-corcéjoli

Culturaddict par Liam Debruel

L’une des plus grandes forces de la fiction est de permettre à toute personne de se mettre dans la peau d’une autre pendant une certaine durée. On ne compte plus les témoignages d’individus revenant sur diverses œuvres qui leur ont permis de découvrir qui ils sont tout en pouvant également remettre en question leur vision en adoptant le regard d’autres personnalités. Ainsi, l’approche de Transatlantique, premier roman de Camille Corcéjoli, permet de mieux passer dans un récit de transition de genre avec un aspect autobiographique qui apporte une grande empathie à l’ouvrage.

Le style varie entre quelques élans poétiques de témoignages directs et des chapitres assez courts, avec un phrasé allant dans une forme d’instantané. Difficile de ne pas développer une proximité sentimentale forte avec Alex dans son aventure, tout en se confrontant aux violences transphobes et à la douleur qui découle de celles-ci, même dans des expressions pouvant paraître « anodines » pour celles et ceux qui les partagent. La dynamique narrative s’avère alors soutenue et fortement touchante, avec une plume qui confère au tout une énergie qui nous transporte facilement.

Pour lire l’article au complet :

En attendant Nadeau par Sébastien Omont

En attendant Nadeau par Sébastien Omont

Tous ces livres parlent d’hybridation, de fluidité, de décalages de genre et d’amour ; quelques autres traitent explicitement de transition. L’Islandaise Auður Ava Ólafsdóttir dans DJ Bambi (Zulma) met en scène une sexagénaire décidant qu’il est temps que son corps corresponde à son genre. Au contraire, le héros de Transatlantique (La Contre Allée) de Camille Corcéjoli s’engage dans un road trip à travers les États-Unis pour se défaire de ses seins. 

https://www.en-attendant-nadeau.fr/2025/08/12/rentree-litteraire-tour-dhorizon

Actualitté par Nicolas Gary

Transatlantique : la transition de genre, journal d’une traversée intime

Chavirée par les vagues de l’intime, la plume de Camille Corcéjoli cartographie les zones troubles du corps et du genre dans Transatlantique, récit autobiographique d’une transition, mais surtout d’une quête d’espace et de respiration.

Que reste-t-il d’une traversée quand le voyage dépasse les frontières géographiques pour s’ancrer dans la chair ? Dans Transatlantique, Camille Corcéjoli répond à cette question en conjuguant l’intime et le politique à la première personne, dans un récit qui épouse les contours mouvants du genre, du corps et des identités queer.

Le point de départ est symbolique : un avion pour New York, direction l’opération, ce moment attendu où le corps se transforme, où la narration personnelle bascule. Mais plutôt que de se laisser enfermer dans un itinéraire balisé, l’auteur déploie une cartographie plus libre, éclatée, qui refuse les récits linéaires et les cases toutes faites.

Ce refus du schéma imposé s’incarne dans l’écriture elle-même, directe, fragmentée, parfois crue mais toujours précise. Les scènes s’enchaînent comme autant de haltes : une salle d’attente d’aéroport, les rues de Brooklyn, une plage queer new-yorkaise, le cabinet d’une endocrinologue maladroite, les souvenirs d’enfance rangés dans les tiroirs d’un lotissement.

Pour lire l’article complet :

https://actualitte.com/article/125123/avant-critiques/transatlantique-la-transition-de-genre-journal-d-une-traversee-intime

Actualitté par Clément Solym

Actualitté par Clément Solym

Transition de genre : un parcours complexe et singulier

Alex embarque pour les États-Unis avec Louise, Djo et Harli – ses ami·es de toujours –, dans un road trip aussi gai qu’émouvant et mouvementé. Un voyage durant lequel Alex va se défaire de ses seins.

L’histoire de la transition d’Alex est à l’image des parcours de vie, rarement linéaires et naturellement plus complexes qu’il n’y paraît. 

La double narration dynamique à l’œuvre au sein de Transatlantique nous invite ainsi à partager ce qui fera le quotidien du voyage d’Alex et de ses ami·es, à travers des dialogues particulièrement enlevés, tout en nous propulsant dans des scènes du passé où l’humour et l’inattendu résistent à la réalité de la violence transphobe. 

À la croisée de ces deux fils narratifs, qui se soutiennent et s’épaulent, de brèves formes d’échappées poétiques offrent de possibles chemins de traverse à cette histoire, comme des respirations où, là encore, la tendresse prime. 

Pour découvrir l’article :

https://actualitte.com/article/124760/avant-parutions/transition-de-genre-un-parcours-complexe-et-singulier

Livres Hebdo par Sean Rose

« Transatlantique a l’énergie picaresque de l’amitié que soudent les aventures et que raffermit l’exclusion par les autres. »