Revue de presse

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Les temps qui restent

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L’écriture de Natyot, à la fois frontale et espiègle, s’empare du langage quotidien, des formules simples, des comportements sociaux élémentaires, des automatismes, et les décale, les fait parler, en expose l’étrangeté. Dans ces extraits de Il n’y a pas de chiffres dans les rêves (à paraître aux Éditions La Contre Allée), que l’autrice elle-même décrit comme un « livre de définitions », le corps devient le lieu d’une réflexion ludique, et néanmoins troublante, sur la parole et la mémoire. Les phrases courtes et déclaratives aux allures d’axiomes sur la respiration, le rire, le sentiment ou le temps imitent la forme du savoir objectif mais elles glissent vers le personnel, le douloureux, l’inquiétant. À plusieurs reprises, la réalité vient percuter la petite musique saccadée, comme lorsque surgit la phrase « I can’t breathe », prononcée par George Floyd avant de mourir asphyxié sous le genou de l’officier Derek Chauvin le 25 mai 2020. Sous ses dehors drôlatiques, Natyot « ne déconne pas ».