Revue de presse

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@lowsleeperr

Bord’eLLes : Qu’est-ce qui est plus politique que la manière dont les femmes doivent encore, aujourd’hui, trouver leur place dans un monde qui ne leur laisse ni le temps, ni l’espace, ni toujours la légitimité de la parole ?

La charge mentale, le partage inégal du temps, la difficulté structurelle à produire de la pensée ou de la création quand la vie quotidienne est saturée par le travail, la maternité, et les responsabilités domestiques… Comment les politiques publiques peuvent-elles négliger 50% de la population ? malgré des avancées, les dispositifs de soutien à la parentalité, à la réduction des inégalités domestiques ou à l’accès au temps choisi restent insuffisants pour transformer réellement les rapports sociaux de genre. L’écriture, la poésie, est acte de résistance contre une organisation sociale qui assigne encore largement les femmes à l’invisible, à la frontière.

Intégrée dans les normes, les attentes, les injonctions contradictoires, la violence est mère présente mais aussi performante professionnellement. Être libre mais conforme, désirer mais sans excès, produire mais sans déranger. Cette tension de l’angoisse et de la colère est une prison ou un cimetière.

L’intime, le soi, l’autre et le politique, forment une ossature de la rencontre réconciliante. En racontant le corps, la maternité, la sexualité ou le quotidien, on crée l’ouverture, l’écoute de tous. Et l’exclusion cesse.

Aux éditions La contre allée

Journal de l’Union par Régis CATTOEN

Artiste et réalisatrice Camille Gallard du collectif « feMMes dAngers », était en dédicace ce mercredi 15 avril à la librairie des fables. Elle y présentait l’ouvrage intitulé « Bord’Elles », paru en mars 2026 aux éditions de la Contre Allée et coécrit avec Pauline Avenet et Hélène Konkuyt, toutes les trois membres du dit collectif. 

Connue pour ses films et installations abordant le sujet du corps, de l’espace et de la parole, elle prolonge ici son travail artistique dans une forme littéraire engagée et sensible.

Un clin d’œil à l’autrice Laure Adler

La genèse de Bord’Elles  débute avec la création du collectif « feMMes dAngers », fondé en 2019 par ce trio de femmes. Derrière ce nom à double sens, se dessine à la fois un ancrage géographique – les trois fondatrices étant originaires d’Angers- et un clin d’œil assumé à l’autrice Laure Adler en faisant référence à son ouvrage « Les femmes qui lisent et écrivent sont dangereuses ». Une filiation revendiquée par le trio qui inscrit son travail dans une démarche à la fois artistique et politique. 

Bord’Elles rassemble des textes poétiques, des réflexions, des extraits d’auteurs écrits et composés par les trois autrices. Né de leurs habitudes de lecture à trois voix, l’ouvrage porte la trace de ces échanges vivants où les mots circulent, se répondent, s’entrelacent. À travers cette pluralité de textes, le livre interroge sur la condition des femmes, leur rapport à la maternité, au travail, à la sexualité, au corps. Au cœur de cet ouvrage se dessine une question essentielle, comment choisir les mots justes pour transformer la fragilité en force d’émancipation ? Bord’Elles se présente ainsi comme un ouvrage poétique, relevant à la fois de l’intime et de l’élan collectif et où l’écriture devient un espace de résistance et de partage. 

À l’occasion de cette rencontre, Camille Gallard a également évoqué les activités du collectif lequel multiplie les lectures à trois voix dans les médiathèques et autres lieux associatifs, ainsi que sa résidence à Château-Thierry, dans le cadre du dispositif 100 % EAC (Éducation Artistique Culturelle).