Revue de presse

← Odessa des oiseaux

ActuaLitté par Ewen Berton

Une femme armée revisite les fractures de sa vie

Une femme est sur une terrasse, armée d’un fusil ; alors qu’elle doit prendre une décision, elle revisite sa vie par fragments.

Odessa nous fait entendre une enfance dans la ville de Saint-Nazaire, entre la Soucoupe et les Chantiers, aux côtés de son frère Sasha, à qui elle voue une admiration sans borne ; une adolescence en marge, à chercher une issue ; et puis cet appel : la Louisiane, pour témoigner, documenter la violence – climatique et politique – de l’ouragan Katrina.

En alternance avec le récit d’Odessa, une autre voix se dessine : celle de Sasha qui avec ses dessins et ses poèmes offre une perspective, un ailleurs. Cet amour fraternel entre Odessa et son frère, sa beauté, son intensité sera comme une lueur qui guidera le parcours de la jeune femme.

La langue de Sophie G Lucas, d’une folle inventivité et d’une précision remarquable, nous permet d’être au plus proche des personnages et de ce qui les animent. Odessa des oiseaux est un roman qui interroge autant l’intime que le politique.

Sophie G. Lucas est née en 1968 à Saint-Nazaire et vit à l’ouest. Elle a été journaliste dans des radios associatives, correspondante locale de presse sur des quartiers populaires, AESH, etc. Elle anime des ateliers d’écriture en milieu scolaire, pénitentiaire, hospitalier… Elle publie depuis une vingtaine d’années des livres plus ou moins épais, plus ou moins poétiques, plus ou moins documentaires, plus ou moins autobiographiques. Depuis Mississippi, elle navigue entre formes libres, poésie et romanesque.

Son premier recueil, publié en 2007 (Le dé bleu), a reçu le Prix de la ville d’Angers, présidé par James Sacré. Contributrice au recueil Lettres aux jeunes poétesses (L’Arche, 2021), elle est également présente au sein de l’Anthologie de la poésie française (Philippe Torreton, éditions Calmann-Lévy, 2022). Mississippi, son précédent roman, est en cours de traduction aux éditions Archipelago book, aux États-Unis.

Géraldine L. Guillot a consacré sa vie au dessin, au cinéma d’animation, à l’illustration et à l’enseignement. Diplômée de la faculté de Rennes et de l’École des Gobelins, elle a travaillé en France et au Canada où elle s’était expatriée.

Géraldine et Sophie, sœurs, ont régulièrement collaboré depuis l’adolescence : affiches, BD, fanzines. Jusqu’à la couverture de Carnet d’au bord (Potentille, 2014) où il est déjà question d’un arbre. Les dessins d’Odessa des oiseaux sont issus des carnets de Géraldine.

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ActuaLitté par Bernard Strainchamps

La grande fête annuelle de la librairie démarrera fin août comme chaque année, avec son lot de romans, les premiers, les francophones, les traductions. Si 277 romans de cette rentrée ont été utilisés pour amorcer la tendance 2026, aucun n’a été blessé (certains furent blessants…). Et s’impose d’emblée un constat : la littérature prend le présent à bras-le-corps, sans distance ni précaution.

L’obsession de l’intime

C’est à nouveau le thème dominant de cette rentrée. L’enfance traumatique, les secrets de famille, l’émancipation difficile traversent une large part de la production. Des mères envahissantes, des pères absents, des fratries qui se déchirent en silence. Sophie G. Lucas compose avec Odessa des oiseaux chez La Contre Allée une enfance ouvrière à Saint-Nazaire, entre la Soucoupe et les Chantiers, aux côtés d’un frère adoré. 

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