Les derniers mots de Falcone et Borsellino

Traduit de l'italien par Anna Rizzello et Sarah Waligorski


Recueil d'interventions, interviews et analyses de Falcone et Borsellino, cet ouvrage témoigne des nombreuses difficultés rencontrées dans la lutte contre la mafia, entravée non seulement par le crime organisé, mais surtout par les collègues des deux juges et les représentants du monde politique.

Un ouvrage riche de paroles éclairantes, tristement prophétiques, comme celles-ci : Une négociation est en cours entre la mafia et l’État depuis le massacre de Capaci, il y a un dialogue entre la mafia et certains secteurs infidèles de l’État […] La mafia me tuera, mais ce sont d’autres qui voudront ma mort, la mafia me tuera quand d’autres y consentiront. (Paolo Borsellino)

Ou bien celles-là :

Ce que j’ai eu à entendre dans les couloirs de ce palais est pénible ; devoir constater que, hormis une poignée de gens, tout le monde est content de me voir partir. (Giovanni Falcone, au moment de quitter le parquet de Palerme, un an avant sa mort.)

 

Ce livre marque un retour fondamental aux sources directes, à ce qu’ils ont vraiment dit et écrit, dans la tentative de pénétrer les raisons (et les raisons d’État) qui ont amené à l’assassinat de ces deux juges-amis.

Un pas en arrière indispensable pour rappeler leur parcours humain et professionnel, alors que les procès concernant leurs assassinats ont été ré-ouverts en Sicile et que les vérités pour lesquelles ils ont sacrifié leur vie sont en train de voir le jour.

 

Giovanni FALCONE (1939-1992) intègre en 1979 le pool anti-mafia de Palerme. Aux côtés de son collègue et ami, Paolo BORSELLINO (1940-1992), ils ouvrent en 1986 le premier « maxiprocès » contre la mafia dont l’issue formalisera pour la première fois en Italie « l’existence de l’association de malfaiteurs de type mafieux ». Le 23 mai 1992, Giovanni Falcone, son épouse et ses gardes du corps sont tués à Capaci dans l’explosion de leur voiture sur l’autoroute menant à l’aéroport de Palerme. Le 19 juillet, c’est au tour de Paolo Borsellino d’être tué via d’Amelio à Palerme, dans une explosion similaire.

Roberto SCARPINATO est né à Caltanissetta (Sicile) en 1952. Il s’engage, en 1989, dans le pool anti-mafia de Palerme et travaille avec Giovanni Falcone et Paolo Borsellino. Procureur au cours du procès Andreotti, Roberto Scarpinato a instruit les plus importants procès menés contre la mafia et ses liens au sein du monde politique et institutionnel.

Il est actuellement procureur général au Parquet de Palerme.

Antonella Mascali

Antonella MASCALI est journaliste à Il fatto quotidiano (grand quotidien italien), spécialiste des affaires de corruption et de crime organisé, elle a suivi les plus importants procès italiens des vingts dernières années : les attentats de Capaci et via d’Amelio, les procès Andreotti, ainsi que ceux impliquant Silvio Berlusconi et David Mills. Elle est l’auteure de plusieurs ouvrages parus chez Chiarelettere et ses enquêtes journalistiques ont été récompensées à plusieurs reprises en Italie.

Roberto Scarpinato

Roberto Scarpinato est né à Caltanissette (Sicile) en 1952. Il s’engage, en 1989, dans le pool anti-mafia de Palerme et travaille avec Giovanni Falcone et Paolo Borsellino. Au Parquet de Palerme, il dirige les départements Mafia-économie, Mafia de Trapani et Criminalité économique.

Giovanni Falcone

Giovanni Falcone est né à Palerme (Sicile) en 1939. Il s’engage,
en 1979, dans le pool anti-mafia de Palerme et travaille sous la
direction de Rocco Chinnici. Au côtés de son ami, le juge Paolo
Borsellino, il ouvre en 1986 le premier « maxi-procès » contre la mafia
dont l’issue formalisera pour la première fois en Italie « l’existence
de l’association de malfaiteurs de type mafieux ».

Paolo Borsellino

Paolo Borsellino est né à Palerme en 1940. En 1963, il devient le plus jeune magistrat d'Italie. Il entre en 1975 au bureau d'instruction de Palerme, alors dirigé par Rocco Chinnici, coordinateur du premier pool anti-mafia, puis il quitte Palerme en 1986 pour devenir procureur à Marsala. En 1988, suite à la nomination manquée de Falcone à la tête du pool, il dénonce la régression dans la lutte contre la mafia, ce qui lui vaut une procédure disciplinaire de la part du Conseil supérieur de la magistrature. Il revient à Palerme en 1991, en tant qu'adjoint du procureur.

Sur internet

Les derniers mots de Falcone et Borsellino / Rencontre à la librairie L'Harmattan le 5 juin 2013

 

 

Critique de Nikola Delescluse sur Radio Campus le 7 juin 2013

 

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