Les libraires en parlent

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Sophie de la Nouvelle Librairie Sétoise (Sète)

Grand livre sur le pouvoir, les conflits du XXe siècle, le destin des grands hommes et des pions acteurs et victimes d’une partie d’échecs fatale et sans fin… Admirable !

Librairie La Marge (Haguenau)

Quelle intelligence et quelle finesse de lecture !

En 1962, à travers la partie d’échecs entre Bobby Fischer et Arturo Pomar, c’est toute la guerre froide qui se joue.

Arturo, ex-enfant prodige espagnol, cristallise la fin de règne du régime franquiste.

Bobby, lui, toute la hargne, l’arrogance, le génie parfois, des États-Unis triomphants.

Au fil de la partie, manipulation, coups bas, démons personnels, se mêlent dans un piège fataliste, où les Rois et Reines d’un jour font face à la grande Histoire, qui les ramène vite à leur condition de Pion, sacrifiés à des intérêts qui les dépassent.

Un nouveau coup de grand maître de Paco Cerdà, aux Editions La Contre Allée

Librairie Le Comptoir des mots (Paris 20e)

Adoré !!! À travers le portrait de deux joueurs d’échecs pendant le guerre froide, Paco Cerdà déploie les imbrications sensibles et complexes qui nous lient à l’engagement politique. Une écriture forte et ciselée pour ce grand récit inspiré de faits réels.

Clément de la librairie Gallimard (Paris 7e)

Épique ! Partant d’un échiquier réel, la bataille dantesque entre Arturo Pomar et Bobby Fischer en 1962, ou des quadrillages politiques de la guerre froide, Paco Cerdà rejoue les parties, fait s’affronter des mondes qui changent et avance les pions sacrifiés de l’Histoire.

Un immense coup de cœur !

Lylia de la libraire Meura (Lille)

un très bon moment passé avec le dernier roman de Paco Cerda, traduit par Marielle Leroy. 

Les échecs, je trouve ça d’autant plus fascinant que j’y suis mauvaise. 

Ici, 77 chapitres courts pour raconter la partie d’échec qui a opposé Fisher à Pomar. 

77 chapitres, comme les 77 coups qui ont émaillés cette partie. Pas la plus connue de l’histoire de cette discipline, mais elle se passe en 1962. Une année chaude, pour quantité de personnes. 

Dans ce roman, on découvre évidemment la vie des deux joueurs, on lit le déroulement de la partie, mais surtout on est témoin d’une multitude de petites vies individuelles, qui à leur modeste niveau vont participer à l’écriture de la grande histoire. Tous des pions. Ou pourquoi il ne faut jamais sous-estimer la plus modeste des pièces de l’échiquier. 

Rémi de la libraire L’Utopie (Paris 11e)

A travers ce texte l’auteur réalise le difficile exercice d’explorer la place du pion dans des parties d’échecs historiques, mais plus largement la place du pion à travers l’Histoire.

L’occasion de découvrir ou redécouvrir certaines périodes d’un point de vue inédit !

Étonnant !

Librairie Préférences (Tulle)

Stockholm, hiver 1962.

Deux hommes de mondes opposés se font face sur un échiquier. Arturo Pomar, l’enfant prodige espagnol affronte Bobby Fischer, un jeune américain excentrique et ambitieux. L’un était le pion franquiste, l’autre celui des Etats-Unis. Paco Cerdà évoque dans ce premier roman les pions qui ont été sacrifiés au cours de cette terrible partie d’échecs qu’a été la guerre froide, et tout particulièrement durant l’année 1962, alors que nous n’avions jamais été aussi prés d’un conflit nucléaire. Ainsi, communistes, maquisards, ouvriers, socialistes, membres de l’ETA… jalonnent ce texte comme autant de « mythes » fabriqués et utilisés à des fins politiques, des personnes sacrifiées et payant le prix fort : celui de la mort, de la prison, de l’exil ou de la solitude. Mais un pion n’est jamais seulement un pion. Grand coup de cœur.

Julien de la librairie La Cavale (Montpellier)

En 1962, Arturito Pomar, prodige espagnol des échecs affronte à Stockholm l’excentrique Bobby Fischer.

En 77 chapitres (autant que de coups échangés lors de cette partie), Paco Cerdà entremêle le portrait des deux joueurs et leurs résistances, les sacrifices de ces « pions » emportés par l’Histoire dans des luttes qui les dépassent, notamment en Espagne contre le franquisme et aux États-Unis en faveur des droits civiques.

Sans doute un des meilleurs textes de cette rentrée !

Thibeault de la librairie Métropolis (Bayeux)

Chronique formidable d’une période où les parties d’échecs n’étaient rien d’autre que des affrontements à distance entre grandes nations.
Batailles dans lesquelles les champions de cet art n’étaient rien moins que des pions.

Bertrand de la librairie Le Biglemoi (Lille)

La politique, c’est des échecs et l’inverse est vrai. Le Pion nous conte la partie entre Bobby Fischer et Arturo Pomar en 1962. Chaque coup est un évènement et les joueurs sont les pions d’enjeux (d’un jeu) les dépassant. Une construction originale pour ce roman nous plongeant entre guerre froide et Espagne franquiste.

Librairie La droguerie (Saint-Malo)

Rythmé par la partie d’échecs qui opposa Arturo Pomar et Bobby Fischer, le récit de Paco Cerdà nous transporte de révolutions en guerre froide, de dictature en contrôle démocratique. Un voyage au pays des pions qui servent malgré eux des pouvoirs sans pitié. Mais dans la vie comme aux échecs, le pion peut être la pièce qui fait basculer les destins…

COUP DE COEUR !

Jean-Baptiste de la libraire Albertine (Concarneau)

Jean Baptiste ne jouera plus jamais aux échecs comme avant…

Une fresque politique captivante qui explore les événements de l’année 1962 à travers le monde et s’attache aux vies de deux joueurs d’échecs, entraînés et malmenés par l’Histoire et par les intérêts des Nations.

De courts chapitres pour un savant mélange d’analyse politique et de fragments de vies humaines. On découvre des destins que la grande Histoire a balayés : sacrifiés aveugles ou volontaires, pions joués par les puissants, victimes souvent d’une confusion entre idéal politique et raison d’Etat.

Une philosophie se dégage de tout cela, qui n’est pas assénée mais s’exhale comme naturellement de la foule émouvante des petites vies contées par Paco Cerdà.

Traduction de Marielle Leroy.

Christophe de la librairie Candide (Ixelles, Belgique)

À travers les 77 coups de la partie d’échecs jouée à Stockholm à l’hiver 62 entre l’américain Bobby Fischer et l’espagnol Arturo Pomar, Paco Cerdá nous offre une réflexion sur l’instrumentalisation sous la guerre froide, l’un étant le pion des américains, l’autre des franquistes.

Aux portraits de ces deux joueurs s’ajoutent ceux de tous ces sacrifiés dépassés par les événements, époque où la duperie était reine et les faux-semblants au coeur d’un jeu trouble.

Jacques de la librairie Quilombo (Paris, 11e)

« Assurément l’un des très grands livres de l’année, je ne peux qu’être échec et mat après une telle lecture. Tout est fabuleux : la construction narrative, la mosaïque des histoires, la superbe traduction… »

Hélène de la Chouette Librairie (Lille)

1962, deux géants des échecs s’affrontent lors d’un tournoi. Ailleurs, d’autres batailles se jouent. Le monde ne serait-il qu’un vaste échiquier, où chaque pion pense pouvoir atteindre l’autre bord et se métamorphoser ?

Benoît de la Librairie L’infinie comédie (Bourg-la-Reine)

La vida de Arturito Pomar. Le titre du livre fait davantage penser à une star de cinéma précoce, au monde de la corrida ou encore de la chanson. Rien de tout cela, le personnage principal joue aux échecs. Et il a seulement quinze ans.
Truffaut dit que l’expression « biographie du joueur d’échecs » relève de l’oxymore : il n’y a rien de plus éloigné de la vie que les profondeurs symboliques et théoriques que l’on atteint sur un échiquier ; rien de plus étranger aux avatars du quotidien que l’existence de qui se consacre aux abîmes abstraits et insondables des cases et des pièces supprimées, accomplissant des vœux pseudo-monastiques en habit noir et blanc, plongé dans des ouvertures qui annoncent l’échec et mat. Pourtant, il s’agit bien là de la biographie d’un jeune joueur d’échecs. Sans oxymore. 

Dilamar de Décitre Bellecour (Lyon)

Radiographie de notre monde et de ses impasses, ce roman est un coup de génie ! Fascinant, kaléidoscopique – et inédit sur le plan de la forme : lectrices, lecteurs, on est sur l’échiquier, on suit une partie dont l’issue nous concerne toutes et tous.
Point de départ, centre, moteur du récit : le face à face de deux maîtres des échecs, Stockholm, 1962. Des pions rêvant d’être dame… 
Contexte politique : la Guerre froide à son apogée.
Mouvement des pièces : des portraits croisés de « pions » (des perdants) de l’Histoire (américains, espagnols, russes, et bien d’autres), tous aussi touchants que mélancoliques.
Public : toutes celles et ceux qui aiment l’Histoire, les histoires – et la grande littérature

Quentin de la Librairie l’Apothicaire (La Souterraine)

Un coup de coeur !

Partant du formidable duel entre Bobby Fischer et Arturo Pomar, l’année 1962 se défroisse et offre ses méandres d’histoires individuelles qui toutes ont à voir avec le grand échiquier mondial.

Pions de tous les pays, soulevez-vous ! Car votre/notre histoire est la seule qui mérite que l’on s’y attarde. Car rois et reines se sont rien que de jolies pièces de bois…

Magistral ! Admirable !!!

Simon de la Librairie Atout Livre (Paris)

Une partie d’échecs au fil de la Guerre Froide, à travers le destin du prodige espagnol Arturo Pomar, du phénomène Bobby Fischer, mais surtout de tant de pions pris dans les grands mouvements géopolitiques de la fin du XXe siècle.

Osé, et très bien joué !

Caroline de la Librairie Les Traversées (Paris)

Époustouflant !

Traduction impeccable de Marielle Leroy aux Editions La Contre Allée

Librairie du Canal (Paris)

A travers la confrontation de deux grands joueurs d’échecs, l’un prodige espagnol tombé dans l’oubli, l’autre fou et génial (Bobby Fischer), l’auteur narre formidablement l’histoire de l’Espagne franquiste et, surtout, celles d’hommes méconnus, simples pions sur l’échiquier politique du monde, mais qui ont fait parfois bouger le jeu.
Réflexion géniale sur l’engagement, ode à la résistance, hommage à tous les oubliés.
INCROYABLE

Margot de la Librairie Les Vinzelles (Volvic)

Je relis cette partie jouée entre deux guerres, car froide ou franquiste, la guerre est un jeu de stratégie, et je relis pour relier et écrire moi-même ce que j’ai pensé de me perdre dans la nature pour me laisser porter hors des chemins battus, et de lire, découvrir cette réécriture époustouflante, originale et stratégique de l’histoire, lire comme un pion ensauvagé dans le grand échiquier policito narratif, car ce Pion est disponible aujourd’hui, dans toutes les librairies passionnées des Editions La Contre Allée, dont Les vinzelles sont en première ligne, et de la sentinelle forgée par les lectures politiques, déroutante, étonnantes, documentées de la cause et du jeu qui se fait sur notre dos.

Pryscilla de la Librairie De fil en page (Château-Arnaux Saint-Auban)

Stockholm, 1962. La partie d’échecs qui oppose Arturo Pomar à Bobby Fischer. Sur l’épaule de l’enfant prodige espagnol la main de fer du Caudillo et dans l’attitude de l’américain toute la morgue affichée par les États-Unis dans cette période de guerre froide. Si les deux hommes face à face, simples pions entre les mains des puissants s’affrontent sur l’échiquier, la technique et la stratégie importent moins que la portée symbolique de leur duel, puissant reflet de deux visions du monde qui s’entrechoquent.

(…) Que sont les échecs ? Réponse de Boris Spassky : Les échecs, c’est comme la vie. Réponse de Bobby Fischer : Les échecs, c’est la vie.

Une fiction en 77 mouvements comme autant de coups qui ont jalonné cette partie. Aux portraits des grands noms des échecs se mêlent ceux des femmes et des hommes sacrifiés sur l’autel des enjeux géopolitiques de la seconde moitié du 20ème siècle. Communistes, maquisards, ouvriers, socialistes, membres de l’ETA, chrétiens, républicains, étudiants, phalangistes, Afro-américains, pacifistes, indigènes, militants antinucléaires, gauchistes ou militaires dénués de libre arbitre, celles et ceux dont l’histoire a retenu le nom et les nombreuses et nombreux oubliés, toutes et tous instrumentalisés aux fins très personnelles des grands de ce monde et jouets malgré eux de la force de leur engagement.

La liberté du pion, blanc ou noir, se heurte toujours aux limites des 64 cases de l’échiquier…

Brice de la Librairie l’Angle rouge (Douarnenez)

Voici tout ce que j’aime. Les petites histoires dans la Grande Histoire.

En structurant de façon originale son récit, Paco Cerdà, éditeur et journaliste espagnol à qui ont doit notamment Les Quichottes (La Contre-Allée, 2021), nous livre un ouvrage passionnant. Vous l’aurez peut-être compris, chacun des 77 chapitres correspond à un mouvement de la partie entre Bobby Fischer et Arturo Pomar (ex: 44. ♗ c5 ♚ d7), et c’est déjà quelque chose.

Je vous rassure, nul besoin de savoir jouer aux échecs pour avancer dans l’histoire. Ce n’est là que forme, et la partie est le fil rouge que suit Paco Cerdà pour décortiquer avec virtuosité la figure du pion, au-delà des 64 cases noires et blanches. Des trajectoires individuelles sur l’échiquier de l’engagement politique, militant, de luttes, de convictions : Black Panthers, phalangistes repentis, guerilleros républicains, militants de l’ETA, engagés volontaires, et même Marilyn Monroe…

Entre Guerre Froide et dictature franquiste, se jouent des drames à l’échelle humaine, des destins oubliés, mais dont les enjeux intrinsèques, en liens de causes à effets, font peut-être du pion la pièce la plus importante du jeu d’échecs, quelque soit les dimensions du plateau.

Un captivant travail d’écrivain et de journaliste ( l’auteur cite toutes ses sources en fin d’ouvrage ), brillant !

Héloïse de la librairie Albertine (Concarneau)

Tranchez, avec une hache, le long cou de l’histoire. Tranchez-le pile en
l’année 1962 et observez.
Vous y verrez, affleurant nets, une collection rhapsodique d’événements,
les destins bouleversés d’hommes et de femmes dont nous avons pour
beaucoup oublié – ou toujours ignoré – l’existence. De ces vies qui ne
prennent sens qu’au regard d’une toile historique qui les emprisonne et
les dépasse… des vies de pions, sacrifiés volontairement ou non sur
l’autel de la marche de l’Histoire.
Parmi ces événements:  une partie d’échecs, disputée par deux hommes
dont les parcours individuels croisent les intérêts et les conflits des
Nations. Un ancien enfant prodige de l’Espagne franquiste et un jeune et
insaisissable américain, atout et agent rebelle des Etats Unis. Ces
deux-là, nous en suivrons à la fois l’affrontement lors d’un tournoi
international et le parcours biographique : des vies tour à tour portées
et écrasées par la grande Histoire.
Littérature de non-fiction ou journalisme littéraire, peu importe
l’appellation. Il y a là conjugués une immense et réjouissante
créativité artistique et un souci constant de vérité historique, pour
une plongée dans le 20e siècle qui tire des fils inattendus et offre une
mosaïque passionnante.
Troublant aussi, ce récit qui exacerbe en nous deux sentiments très
forts et très contradictoires : la sensation de notre petitesse face à
la Grande Histoire, et la conviction que, même lorsqu’elle est un jouet
entre des mains plus puissantes, chaque vie humaine est un absolu et
mérite d’être contée pour elle-même.
Brillant. Captivant.

Sarah de la librairie Terre des livres (Lyon)

A travers le duel emblématique échiquéen Fischer/Pomar, Paco Cerdà livre un récit singulier à la croisée de l’Histoire, de l’actualité et de l’intime qui expose les mouvements profonds de nos sociétés, raconte une décennie de changements radicaux qui trouve des échos incessants dans le présent.

Il met à jour les interférences politiques dans l’espace intime et interroge le métier de vivre et de s’engager, les luttes collectives, l’éveil politique, le quotidien de l’activisme et les raisons qui peuvent nous mener au combat. Il creuse aussi la question de la violence politique et des idéologies de la supériorité. Comment et pourquoi continuer le combat quand l’adversaire semble trop grand pour être défait ? Quelle rôle le sacrifice individuel joue dans les révoltes collectives ?

Mais ce qui est bluffant, c’est qu’il déjoue avec ingéniosité les codes d’une littérature à thèse dans un roman captivant et immersif, en perpétuel mouvement et qui se lit d’une traite : roman d’espionnage et d’aventures, satire sociale, fragments d’un discours amoureux, compte-rendu journalistique, transcriptions radiophoniques, épopée de perdants magnifiques qui dans la dureté de la solitude arrive au plus profond d’eux-mêmes, réquisitoire contre l’oppression. Le Pion est rigoureusement documenté, mais Paco Cerdà est un raconteur d’histoires hors pair !

Tel un jeu de matriochki, Le Pion est un formidable roman polyphonique aux récits enchâssés, où chaque personnage encapsulé est saisi dans un moment décisif. L’on y rencontre de nombreux pions voués à une cause politique, arrivés là volontairement ou non, qui montrent concrètement comment on vit ses idées. Paco Cerdà ne tombe jamais dans les travers du manichéisme, il ne cesse de montrer à quel point les parcours, les vies et les impressions parties d’un même point peuvent mener à des choix divergents.

Ce texte constitue une singulière geste sur les grand.e.s oublié.e.s de l’Histoire qui donne envie au lecteur de partir à la rencontre des différents pions. Le Pion est aussi un texte captivant sur la fabrique de l’Histoire, sur la manière dont on façonne les récits nationaux et les légendes ; une exploration de l’écart entre ce qui est vécu et ce qui est dit, une mise en abyme captivante qui rappelle que les luttes sont romanesques pour ceux qui ne les ont pas vécues.

La narration est époustouflante, l’écriture circonstanciée, au cordeau et douce-amère, que viennent chahuter des percées poétiques, aériennes et tendres.

En bref, un récit revigorant qui nous renvoie à nos engagements, à nos espoirs insensés, qui nous fait penser aux incertitudes de l’avenir.

Un roman ardent des révolutions politiques, des luttes et des guerres intimes, éclairant notre capacité à laisser une place à d’autres vies potentielles en nous.

Un splendide manifeste célébrant l’engagement & l’intranquillité comme armes de combat.

Vincent de la Librairie La fontaine (Privas)

Quitter, avec un peu de tristesse, l’ambiance joyeuse et fraternelle d’un petit salon du Livre, fleurant bon l’Espagne et ses combats dans les dernières rencontres (merci Laure Sirieix, merci Paloma León!), et puis y revenir bien vite, en Espagne, dès les premiers pas vers la découverte de la Rentrée littéraire, avec deux textes extraordinaires, promis pour la fin de l’été… Une fête !

Le Pion de Paco Cerda (La Contre Allée, août 2022), premier roman d’un journaliste qui nous avait déjà captivés l’an dernier avec une enquête remarquable, Les Quichottes (editions La Contre Allée), sur l’Espagne du vide, est en 77 chapitres, comme autant de coups dans la partie d’échecs qui opposa en 1962 l’espagnol « Arturito » Pomar à l’américain Bobby Fischer, une exploration de toutes les manières d' »être pions », bons petits soldats sur l’échiquier du monde de jeux ou de guerres qui dépassent leurs acteurs, manipulés et trop souvent perdants…

Boulder d’Eva Baltasar (Verdier, août 2022) évoque, quant à lui, dans un style incisif, le piège de la maternité assistée, dans lequel une grande solitaire, farouchement attachée à sa liberté -comparable à un « boulder », l’une de ces grandes pierres isolées au milieu d’un vaste paysage -, se trouve engluée, le jour où sa compagne lui impose ce choix. Un texte d’une rare puissance poétique, alternant violence et tendresse, empreint d’érotisme lumineux, le second mouvement d’une trilogie romanesque amorcée brillamment avec Permafrost (Verdier, 2020).

Bon, on vous en dira un peu plus dès que possible, on avait juste envie de vous allécher, de nous réjouir avec vous que le changement climatique n’ait pas entièrement asséché l’inspiration littéraire…

Fabien de la Librairie Decitre (Grenoble)

Le Pion est véritablement une histoire de pions, ces hommes et ces femmes qui partent aux premières lignes, volontairement ou poussés par des forces qui les dépassent. De leur propre chef ou sortis de la tête des grands chefs, chair à canon sacrifiée par des enjeux idéologiques et géopolitiques, leurs mouvements se font dans les remuements de l’histoire.

Une lecture vive, foisonnante, intelligente, impliquée dans le concert de voix des mouvements sociaux, des luttes populaires, des fièvres de la guerre, des combats collectifs. On se laisse étourdir à tour de pages tant la construction est éblouissante. C’est un bal, que dis-je : un gala !, où se croisent pêle-mêle Franco et ses phalangistes, des républicains révolutionnaires, des McCartistes et des communistes, des grands maîtres d’échec et des petits maîtres imbus de leur pouvoir. On y croise dans les corridors parallèles Tom Hayden et Montalban, Malcolm X et Luther King, Kroutchev et Kennedy.

Magistralement orchestré. Mythologique, métaphorique, la vie et la mort de Pomar et Fischer. Fischer vs Pomar : une partie d’échecs, et le récit déroule ses circonvolutions. 64 cases. 77 mouvements. Mille histoires. Un des grands livres de cette rentrée à venir.

Rémi de la Librairie La Fabrique (Bar-le-duc)

L’Espagnol Arturito Pomar et l’Américain Bobby Fischer ont ceci en commun d’être des enfants prodiges. D’ailleurs, ils traîneront toute leur vie leurs petits sobriquets au lieu de leurs prénoms respectifs… 

Dans le petit monde des échecs comme ailleurs, les enfants prodiges fascinent… Toutefois, les adultes qu’ils deviennent déçoivent bien souvent.

Dans le cas précis de Pomar et Fischer, ils portent sur leurs épaules, en plus de leur ambition, les espoirs de leurs pays en quête de prestige. Ils doivent composer avec une pression et un enjeu qui dépassent de très loin ce petit jeu subtil auquel les enfants et les vieillards jouent dans les parcs….

Au travers d’une partie jouée à Stockholm en 1962, Paco Cerda convoque (accrochez-vous) : les destins des deux joueurs, l’Espagne franquiste et les cadavres qu’elle traîne, l’espionnage de la CIA, celui du KGB, Boris Spassky, le déclin de l’empire américain, les soubresauts de l’église catholique…
Autant d’épisodes, formant un patchwork étonnant, où l’Histoire a broyé, a contraint, et a transformé des destins ordinaires en rois, dames, tours, cavaliers ou – le plus souvent – en simple pions.

Un roman fascinant de bout en bout.